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Town and Concrete : d’Instagram à Jay-Z

Instagram est plus que jamais le réseau social numéro un aujourd’hui. Outre le « fit girl game » et les pages humoristiques, le réseau est souvent le théâtre de success stories dignes de scénarii hollywoodiens. On vous présente aujourd’hui celle de Cyril Lancelin, aka Town And Concrete. Un artiste lyonnais qui mêle architecture et art contemporain, dont les installations sont désormais exposées dans le monde entier depuis son succès sur le réseau social. 


Installation "Knot". Hangzhou, Chine

Débutons ce portrait en affirmant ceci : Cyril Lancelin, ou Town and Concrete, est un exemple de réussite locale à l’international qui devrait être davantage mis en avant. Il y a des histoires comme celles-ci, des parcours exceptionnels, qui mériteraient plus d’attentions. Aujourd’hui, on s’y intéresse pour vous.


Son parcours

 

Cyril Lancelin commence sa carrière d’architecte après un diplôme obtenu à Lyon en 1999. Il débute dans le métier en travaillant pour des cabinets parisiens, mais son envie d’ailleurs est trop forte. Il décide de partir acquérir de l’expérience de l’autre côté de l’atlantique.

A Los Angeles, il travaille aux côtés des plus grands architectes californiens du moment.

Trois années plus tard, l’architecte lyonnais revient à Paris dans le but d’imposer définitivement ses idées. Son séjour outre atlantique lui est d’ailleurs bénéfique, à son retour, les plus gros cabinets d’architecture parisiens lui font du pied.

 House "cabins". Palm Springs, Californie

Après des années de vadrouille, Cyril est prêt à revenir chez lui, à Lyon. Il explique. « Après plus de 15 années à travailler pour des grands noms, j’ai décidé de me lancer, avec toute l’expérience acquise, et de m’installer à Lyon, ma ville de cœur. ». Ces années de formation professionnelle lui ont permis d’engranger une expérience inestimable. « C’était une grande expérience de rencontrer des personnes avec un savoir-faire immense, j’ai beaucoup appris et mûri. ». Il continue. « Cela m’a permis également de découvrir non seulement des grands artistes ou architectes, mais aussi des clients incroyables, car dans tout projet, le client est tout aussi important que le talent pour réussir un beau projet. C’est un travail d’équipe, il faut que tout le monde soit motivé pour se dépasser. ». L’architecte de l’époque se prend alors l’aspect multilatéral d’un projet architectural en pleine tête. Toutes les parties prenant part à un projet de ce type doivent être écoutées et contentées au maximum. C’est la principale contrainte des grands cabinets. Contrainte dont il saura vite tirer le meilleur. « Travailler dans des grandes structures ou pour des noms importants permet également de rencontrer d’autres jeunes, avides d’apprendre et qui seront les futurs alliés de demain. ».

En parallèle de sa formation architecturale classique, Cyril développe une vision artistique précise. Son alter ego Town and Concrete rentre alors en scène. Avec ce nom, le français sait qu’il pourra embrasser son besoin d’artistique et laisser son imagination aller où elle le souhaite. La balance penche alors davantage d’un côté que de l’autre.

« Si je devais choisir, je choisirais l’art. Les projets en architecture sont trop longs, et il y a surtout moins de liberté. Le coût de construction est un paramètre trop important dans le projet architectural. » 

Il sait que son attrait pour l’échange sera davantage comblé dans le milieu de l’art que dans celui de l’architecture. Il veut interagir avec son public et ses œuvres seront le symbole de cette envie.


Les débuts de son succès

 

Après avoir fait quelques apparitions en son nom il y a quelques années à la Biennale de Venise et sur un projet à Los Angeles, Town and Concrete voit sa popularité augmenter considérablement après avoir créé un compte Instagram. « Tout a vraiment commencé avec Instagram. ». Constate-t-il. Il y a deux ans, Cyril lance le compte Instagram de Town and Concrete et décide de publier ses œuvres. Rapidement, la page rencontre un vif succès et l’artiste prend de plus en plus au sérieux l’impact que pourrait avoir le réseau social sur son travail. Le déclic vient alors de la publication de sa Pink Pyramid.

Pink Pyramid. Itinérant.

L’image est sélectionnée et publiée sur le compte officiel d’Instagram. Seulement une poignée d’images sont choisies chaque semaine. L’installation de Cyril est alors sous les yeux de centaines de millions de personnes. Les recettes de ce succès ne mettent pas longtemps à se faire ressentir. « Cela m’a apporté plus de 1,2 Millions de Likes et surtout une trentaine de mails de potentiels projets ou collaborations. ». Ce coup de pouce lui permet de faire décoller son compte. Désormais, toutes ses publications sont partagées sur de nombreux sites.

Pyramid tube. MIA Festival, Philadelphie.


La porte vers les États-Unis

 

Ce carton sur Instagram permet à l’époque à l’artiste français d’attirer l’œil de gros poissons. Jay-Z en personne est touché par le travail de Cyril. Oui oui, Jigga a vu la Pink Pyramid. Plus important, il l’a aimée ! Il explique. « Jay-Z fait partie des personnes qui ont aimé l’image de Pink Pyramid. J’ai travaillé avec son équipe et avec un organisme américain spécialiste de l’art public, Art Production Fund, pour créer l’installation artistique Pyramid Sphere. ».

L’installation était d’ailleurs exposée en septembre 2018 au Made in America Festival. Un festival de musique basé à Philadelphie fondé par Jay-Z lui même.

Pyramid Sphere. MIA festival. Philadelphie

Quelques semaines avant de créer l’installation Pyramid Sphere, il imagine une autre de ses installations artistiques nommée Flamingo Tower. Une œuvre/attraction conçue pour le Pinknic Festival qui se déroule alors à New York en juillet 2018.

Flamingo Tower. Pinknic Festival, NY

Son succès aux États-Unis, Cyril Lancelin le doit au fait que les médias américains relayent son travail. Cette publicité lui apporte bon nombre de clients, mais pas seulement. « J’ai aussi noué des bonnes relations avec des artistes et des curators (consevateurs) américains. ».

 

Flamingo Tower. Pinknic Festival, NY


Son style : l’immersion

 

 

Depuis ses débuts en tant qu’architecte, Cyril Lancelin est attiré par le partage. Il crée des installations totalement immersives à l’intérieur desquelles le public peut aller et venir sans contraintes. Selon lui, le public doit participer à l’œuvre. Cette notion est primordiale pour lui. Il approfondit. « Ce sont des installations immersives, le spectateur doit rentrer dans l’œuvre. L’expérience que va tirer le public est essentielle dans ma démarche. Le public regarde l’œuvre, mais celle-ci comporte également toute l’interaction entre public/œuvre/partage. Le partage du public est aussi œuvre. ».


Son rapport à Lyon

 

Lyonnais d’origine, Cyril Lancelin s’est d’abord formé à l’architecture à Paris avant de partir vers la Californie. Il lui aura fallu une quinzaine d’années avant de revenir dans la capitale des Gaules. Aujourd’hui entièrement consacré à son art, il passe le plus clair de son temps dans sa ville natale, où ses ateliers sont situés. Mais au delà de n’être qu’un foyer, Lyon lui sert également d’inspiration.

« J’adore Lyon. J’ai besoin de me sentir bien dans ma ville, d’avoir mes repères. L’échelle de la ville me convient, et sa proximité avec la nature aussi. ».

 


Ses projets

 

Town and Concrete sera exposé dans l’une des expositions les plus attendues de ce début d’année, Trajectoire – When Basketball Inspires. Créée par Trajectoire Studio, l’exposition aux 30 artistes est une rencontre entre art contemporain, basketball et culture urbaine qui se tiendra du 8 au 10 février 2019 dans le 11° arrondissement à Paris. Deux nouvelles installations sont également prévues à Los Angeles et seront visibles en Avril. L’artiste exposera de même cet été d’autres œuvres à New York et Cleveland.

Cyril Lancelin n’oublie pas sa ville et compte bien y exposer ses installations très prochainement. « J’aimerais beaucoup faire une installation à Lyon, je travaille sur le sujet, c’est une de mes priorités. ». Conclut l’artiste.


Gauthier Louison

Rédacteur Make x France
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