news  /   / 

Ce n’est pas un mythe : l’épreuve DOUR met nos corps à rude épreuve !

Il nous aura fallu beaucoup de temps pour nous remettre de ce DOUR 2018, pour régénérer nos muscles, tenter de rattraper les heures de sommeil perdues, réapprendre à bouger autrement qu’en dansant, et réhabituer nos oreilles au silence ! Dour a, encore une fois, infligé une dose phénoménale de musique et de bonheur à l’ensemble des festivaliers présents, on espère que ce sera assez pour tenir jusqu’à la prochaine édition… Petit récit de 4 jours en autarcie avec pour seules occupations : danser et apéroter !

Image à la une © Vanessa Coquelle

Jour 1 

Jeudi 12 juillet, arrivés vers 14h dans la petite bourgade de Saint Ghislain, un mini bus nous accueille. Déjà, des festivaliers s’ambiancent sur de la trance old school qui jaillit du haut parleur d’un téléphone. On ne le savait pas encore, mais plus un seul moment de silence ne nous serait accordé jusqu’au lundi matin.

© Simon Fascilla

Le soleil nargue la horde de campeurs chargés comme des mulets qui traverse l’immensité du site à la recherche de la place idéale. Nous croisons déjà les premiers visages marqués du souvenir des hostilités de la veille, terrassés par Modeselektor et Jon Hopkins… Nos camarades déjà installés nous accueillent les pieds dans l’eau tiède de la piscine gonflable à 8 euros qu’ils ont ingénieusement acquis au Smatch du coin et rempli courageusement au sac poubelle à force d’allers et retour au point d’eau.

On célèbre notre arrivée avec un pack de Jupiler qui git au soleil depuis 8h, premier « rafraichissement » du festival !

D’apéros en batailles d’eau, arrive le moment de se diriger vers les concerts : on s’offre une petite heure d’Angèle, qui nous fait danser au rythme de ses mélodies acidulées. Sur le chemin, on rencontre de joyeux lurons qui proposent de nous laver les mains, et l’on s’amuse de voir un couple discuter sous un parasol vagabond. C’est au cours de cette première balade au coeur du festival que l’on entend pour la première fois résonner le « DOUREEEUUUH » si caractéristique.

© Vanessa Coquelle

Le temps d’errer entre les 7 scènes et de découvrir tout ce qu’a à offrir le site, on se retrouve sur la gigantesque scène « The Last Arena » pour le rappeur Booba qui, muni de sa bouteille suspecte, ambiance toute la foule avec son tube Stupéfix !

Puis, direction La Caverne pour 4h de techno fracassante avec les français I Hate Models et AZF, ainsi que l’anglais Randomer. Difficile de quitter les entrailles chaleureuses de ce chapiteau infernal tant il est agréable de s’y laisser envoûter. On est sûrs que les danseurs des premiers rangs devant les caissons continueront à entendre le martèlement furieux de cette techno endiablée retentir dans leurs têtes toute la nuit.

 

© Vanessa Coquelle

Jour 2

Premier réveil à Dour, il est 8h. Le soleil nous fait fuir de notre tente qui s’embrase, à la recherche d’un petit coin d’ombre sous une tonnelle pour comater encore quelques heures et se remettre des émotions de la veille.

Le cornet de frites vertigineux éponge très efficacement les dégâts dans l’estomac. C’est bon, tout frais et parés pour un petit pastis 😉

Dormir sur le camping de Dour est une expérience incroyable : l’occasion d’observer une jungle dans laquelle s’offre à nous des spectacles de folie humaine uniques.

Les heures défilent au rythme des fous rires et découvertes ! Tout le monde est libre, les vraies natures se dévoilent. L’abandon est total, il n’y a aucun jugement.

© Simon Fascilla

Bientôt nous nous retrouvons à admirer la foule colorée de danseurs devant Honey Dijon qui créé une atmosphère survoltée. Des centaines de personnes se dandinent sur chaque podium, sous un soleil de plomb et sous le regard des éoliennes qui dansent elles aussi à leur rythme, narguant les bpm. La scène Red Bull Elektropedia est une fois de plus incroyable. Les visuels sont un spectacle à eux seuls. Ils s’accordent à l’univers de chaque artiste, et créent une immersion totale dans la musique. Nous ne sommes plus sur terre, mais sur une station spatiale très loin du monde réel.

Au tour de Daniel Avery de parsemer sa poésie en ouvrant son set avec la track Diminuendo issue de son dernier album Song For Alpha. Un set à la fois mental, ambiant et énergique !

© Simon Fascilla

Soudain, une basse phénoménale percute l’atmosphère : Recondite entre en scène. Ceux qui n’avaient pas prévu de bouchon d’oreille se voient obligés de reculer de quelques mètres devant la puissance sonore qui envahit l’espace.

Avec un pincement dans le coeur, nous nous efforçons de délaisser le bijou qu’est la scène Red Bull pour aller jeter un coup d’œil aux notes dansantes de La Petite Maison dans la Prairie.

Le live de Fatima Yamaha fait l’unanimité d’après les vibrations du parquet du chapiteau, dont les lattes se décollent déjà.

Petit aller-retour pour s’oublier quelques minutes dans les couleurs pastels des visuels du live du génie Stéphane Bodzin à la Red Bull; puis c’est la course pour ne pas rater les premiers déhanchements de la princesse de Chicago : The Black Madonna en personne. Encore un set imprédictible délivrant tout le panel de musique qu’elle affectionne : moment voluptueux de jazz, bossa, disco déchainée, un petit Rollin’ and Scratchin’ des good old days de Daft Punk, de la techno minimaliste bien efficace, et une fin en beauté sur son illustre morceau « Exodus », toujours un plaisir de l’entendre. Well done Marea !

© Caroline Coolen

Enfin, nous finirons notre soirée entre les concerts efficaces de Pan Pot et Talabomann. Puis c’est la marche des zombies, the walking dead jusqu’au camping. Avec toutes ces émotions, on n’a pas vu le temps passer.

Certains traquenardeurs veulent prolonger la soirée et crient à l’after, mais il faut être raisonnable : le temps de se coucher il est bientôt 5h, le soleil ne nous autorisera pas plus de 4h de sommeil … Aïe !

Jour 3

L’arrivée d’une autre fournée de camarades ne nous laisse pas le temps de laisser la fatigue retomber : il faudra être fou aujourd’hui encore. Pendant qu’ils s’aventurent à la découverte de la zone concert, on s’économise sagement en lézardant paresseusement au soleil sur nos luxueux trônes : des matelas gonflables décathlon. Puis, nous rejoignons les festivaliers sur la scène Red Bull et admirons les oeuvres d’art que les coups de soleil ont réalisées sur chaque visage.

Le concert d’Adriatique commence, tout le monde reprend à l’unisson la chorégraphie désordonnée entamée la veille. Encore une fois, les festivaliers se sont dépassés : c’est un carnaval de licornes, totems en tous genres, déguisements, jeux gonflables. Où que nos regards se posent, impossible de ne pas voir des paillettes scintiller gaiement. On aperçoit même des personnes jouant au Twister en plein dans la foule, pendant que d’autres s’amusent à se passer des ballons de baudruche. C’est le 4ème jour du festival, et pourtant la fête bat son plein, la foule est euphorique. Sur cette scène, il n’y a pas de jugements entre les personnes, nous sommes tous égaux.

Tout le monde ferme les yeux et danse. La joie déborde.

 

 

 © Caroline Coolen

C’est presque avec regret que l’on quitte cette bulle de techno pour aller retrouver l’univers mélodique et doux de l’Impératrice. Changement d’ambiance totale, le concert tout en douceur berce la foule qui manque de faire craquer Le Labo. La musique semble avoir un effet régénérant. On se laisse porter vers l’univers rêveur du groupe, et l’on y serait bien resté plus longtemps.

Mais le marathon de concert reprend : Floating Points nous offre un live somptueux inoubliable, Paul Kalkbrenner nous fait danser sous les étoiles, Dave Clarke clôture la Red Bull avec une techno percutante.

Pour finir la soirée, on retourne dans notre lieu de cartharsis de prédilection : La Caverne. Nous y attendent Rebekah et Paula Temple, qui déferlent un tourbillon de sonorités industrielles entraînantes. Le temps n’existe plus et pourtant bien trop vite la musique s’arrête.

Jour 4 : dernier jour ! 

Au réveil, les drapeaux français qui flottent à chaque coin de tente nous rappellent une évidence que la musique aurait presque éclipsé de notre esprit. C’est le jour J. Impossible d’éviter les costumes bleus blanc rouge qu’arborent fièrement les supporters français, au grand désarroi de nos copains belges qui n’ont toujours pas digéré leur défaite. Vers 16h, les festivaliers affluent vers The Last Arena, qui porte particulièrement bien son nom et devient le lieu de confrontation entre les supporters de l’équipe de France et ceux de l’équipe croate. L’ambiance est bon enfant, la bière coule à flots. Puis le match commence.

 © Caroline Coolen

Au premier but marqué, une explosion de bière accompagne les cris de bonheurs des français. Les pintes valsent en l’air à chaque but. Une heure et demi plus tard, c’est fait. On est les champions du monde. Des fumigènes rouges et bleus explosent, tout le monde chante et saute. L’euphorie totale, et le coeur fier et gonflé de joie nous retournons à notre passe temps favori : danser!

 © Caroline Coolen

C’est de cette victoire que l’on puisera notre dernier souffle de danse pour enchainer la fournée olympique qui nous attend : Farrago, Dax J, Amelie Lens, Rodhad, Robert Hood, Ben Klock… Rien que ça ! Nous avons établi notre QG pour l’après midi et la soirée sur le deuxième podium de gauche de la Red Bull Elektropedia ! On se perd dans les visuels vertigineux qui s’assortissent parfaitement et indéfiniment à chaque artiste, pour finir par atterrir en douceur dans la musique vaporeuse du dieu du Berghain ! On donne tout pour ces 9h de techno à haut bpm, rythmées par les mouvements colorés du soleil qui finit par se coucher et laisser place à la danse continue des éoliennes éclairées par les étoiles. Enfin, direction La Caverne pour assister à une heure de Hardcore qui dépassera les 200 bpm sur la fin!

Nos oreilles disent leur derniers mots, nos pas donnent leur derniers moments de vie pour Manu le Malin, qui clôt avec grandiose le festival.

Jour 5 

Retour à la réalité. Les premiers départs ont laissé comme seuls signes de vie un cimetière de déchets mornes. On se joint à la lente walk of shame des campeurs qui entament le long chemin pour rentrer chez eux. Il fait beau, mais les éoliennes ont arrêté de tourner, comme si elles faisaient le deuil de cette belle édition. Elles aussi auront beaucoup dansé.

Dans la voiture, on sombre tous rapidement dans un sommeil doux, épuisés. Derrières nos paupières défilent des images du site, des concerts, des éclats de rire.

Il n’y a pas de musique, le silence est rétabli. Il faudra pourtant un certain temps avant de ne plus avoir l’impression d’entendre une basse au loin.

Dour 2018 c’est fini, plus que 350 jours avant la prochaine édition !

Photo en Drone © Mathieu Drouet
Rédigé par Anaïs Lancien & Jennifer Parienté

Jennifer Pariente

Rédactrice Make x France
voir ses articles
+news
News  /   /  Vlad Colovray

PNL : l’attente prend fin pour les fans !

Les rumeurs et bruits de couloirs avaient commencé mercredi sur les internets mondiaux et vendredi à 00H30 toute la toile française s’est finalement embrasée. En effet, le bruit du retour de PNL, le duo de rappeurs français, était perceptible depuis quelque temps et la confirmation de tout cela par un énigmatique live sur la chaîne […]

art anthropocène création
News  /   /  Aline Bally-Savino

L’impact écologique inspire certains artistes !

Certains artistes ont décidé de donné l’alerte sur le désastre écologique que provoque l’Homme sur la planète. L’art de l’anthropocène, ça vous dit quelque chose? © Yann Arthus-Bertrand Cette démarche commence il y a quelques années. L‘artiste Argentin, Nicolas Uriburu, déverse un colorant vert fluo dans le Grand Canal de Venise en 1968, pour dénoncer […]

architecte stefano boeri bosco verticale
News  /   /  Aline Bally-Savino

Stefano Boeri planche sur une tour végétale à Gerland !

En 2009, l’architecte Stefano Boeri inaugure le premier « Bosco verticale » ou « tour végétale » à Milan, sa ville natale. Aujourd’hui, c’est pour Gerland que le projet est à l’étude. © Stefano Boeri Architetti Stefano Boeri est connu dans le monde entier pour ses « Bosco verticale » de grandes tours végétales qui redonnent du souffle aux métropoles polluées dans […]

kiblind robots
News  /   /  Ghislain Varlet

Kiblind : 68ème numéro et autant de raisons de s’y plonger !

Le magazine Kiblind, depuis longtemps, fait partie des petites fiertés lyonnaises : une revue résolument moderne, connectée aux tendances visuelles du moment, dédiée à la culture artistique et à l’illustration contemporaine.  Cherchant depuis 2004 à capter les différentes tendances visuelles du moment, le magazine trimestriel nous émerveille par une sélection pointue d’artistes qui peignent, designent, […]

SUIVEZ-NOUS