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Tête à tête avec Douchka.

Tout juste remis d’une tournée hexagonale en première partie de l’incontournable Fakear avec son compère Clément Bazin, Douchka nous offrait son dernier Live aux 24heures de l’INSA. Fraichement signé sur Nowadays Records, le jeune rennais s’est notamment fait remarquer lors de la Red Bull Music Academy de Tokyo. On a profité de sa venue à Lyon pour parler de tout ça avec lui, et surtout savoir ce qu’il nous réserve après le succès de son dernier EP « Together ». Rencontre avec un talent certifié de cette jeune et vigoureuse scène électronique française.

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Mxl : Tu sors d’une tournée avec Fakear, première réaction à chaud ?

Douchka : Pas terrible… C’était un peu long… (rires) Non c’était super, vraiment bien. Un truc de fou, vraiment dingo. Six dates d’affilées je n’avais jamais fait ça auparavant, en plus on a joué dans des grosses salles, 2500-2800 personnes par soir, et c’était plein à chaque fois, vraiment impressionnant. On faisait la première partie avec Clément (Bazin), la première c’était à Strasbourg, puis on a enchainé avec Lille, Nantes, Bordeaux, Toulouse, et un after-show avec La Fine Equipe… On a fini dans un sacré état le dimanche, en ramenant le van à Paris.

 

Et qui a décidé de vous réunir avec Fakear ? Tourneur ? label ?

C’est le tourneur de Fakear qui a mis ça en place, mais à l’origine c’est Fakear qui nous a réinvité avec Clément, car j’avais déjà fait ses premières parties. Généralement il invite toujours des artistes du label, moi j’avais déjà fait pour lui à l’Olympia, à Nancy et à Dijon, bien sur c’était super à chaque fois. Et puis là on s’est carrément dit : « on va prendre deux mecs en première partie », donc du coup c’était cool, c’était en mode tour bus, grosse tournée.

 

Pour ce soir du coup, tu as aussi ramené toutes tes machines, tu dois maitriser ton live sur le bout des doigts après cette tournée. Pas de place à l’improvisation dans tes Live j’imagine…

Yes, ce soir je vais faire un live de 45-50 minutes du coup, avec Fakear c’était 30, comme nous étions deux premières parties avec Clément. On envoyait du lourd dès le départ, vu que les gens sont là, ils n’attendent que ça. On a prit des raclées, surtout à Bordeaux d’ailleurs, les gens étaient complètement fous (rires), même pour les premières parties, ils sont dans l’ambiance dès le départ, vraiment impressionnant. Du coup ça te forme vachement, tu es rodé à la fin, tu stresses pour le premier live, un peu moins pour le deuxième et après tu te lâches complètement ! Donc non pas d’impro, tout est parfaitement orchestré.

 

« « Future Beat » je ne comprends pas le sens du mot, tout simplement parce que je n’ai pas l’impression de faire de la musique du futur. »

 

On t’a très souvent associé, avec Fakear à cette génération « French Touch 2.0 »,   ça en est où de tout ça maintenant ?

Alors, il y a une espèce de scène que l’on appelle « Future Beat », je ne comprends pas le sens du mot, tout simplement parce que je n’ai pas l’impression de faire de la musique du futur. On a tous les mêmes âges que des artistes qui cartonnent à l’international, comme Flume ou Mura Masa, sauf que nous on est en France et c’est un peu plus compliqué, on est pas en Australie, ou au Canada où il y a une grosse scène, un gros public pour ça, mais il y a quand même chez nous une très belle scène, notamment représentée par le label Nowadays, et dont je suis super content de faire partie bien évidemment. Mais après je ne pense pas qu’on ait besoin de se revendiquer, je ne pense pas que Fakear ait pensé à un seul moment à s’intégrer dans un mouvement comme celui ci. Après c’est toujours sympa d’être perçu comme des « newcomers », mais il y a des trucs nouveaux toutes les semaines…

Tu as choisis de vivre à Rennes, ville où tu as fais tes débuts, pourquoi y rester, la vie parisienne ne te tente pas ?!

J’aimerai bien aller habiter à Paris, mais ce n’est pas qu’une question financière c’est juste qu’à Rennes je suis chez moi. Quand je rentre je suis à la maison, je ne suis pas attiré à droite à gauche pour sortir, checker toutes les soirées. Je préfère rester off et travailler chez moi avec Marc (aka Les Gordon) notamment sur notre projet qui s’appelle LESKA avec lequel on arrive à la rentrée et qui va prendre beaucoup de place dans ma vie. Et puis du coup, quand je vais à Paris j’apprécie d’avantage, je prends vraiment la mesure du projet.

 

On entend souvent parler de l’effervescence de la scène Rennaise, ton avis ?

Bizarrement, je ne me sens pas du tout intégré à la scène rennaise. Le seul vrai groupe que je connais, avec qui on fait des bouffes c’est Clarens parce qu’ils ont chanté sur l’EP mais sinon les Juveniles, les Her, tous ces groupes pop qui marchent plutôt bien, je n’ai pas d’attaches avec eux. Finalement avec Marc, on s’est rencontrés parce qu’on était obligé de se rencontrer, on était les seuls à faire ce son là à Rennes. On a chacun nos studios, mais on travaille énormément ensemble.

 

Donc on imagine que la rentrée va être chargée avec ton projet avec LES GORDON, tu penses continuer la tournée de Fakear, enchainer avec un nouvel EP ?

C’est déjà très chargé cet été, il y a déjà beaucoup de dates, en d’autres qui se rajoutent en route, je pense notamment au Dour Festival. D’avoir joué avec Fakear, ça a permis aux producteurs de voir de quoi tu es capable, ils te font d’avantage confiance après sur des grosses dates comme des festivals et c’est vraiment chouette. Là on travaille encore pour grossir le Live, apporter des lights mais par contre je resterai toujours tout seul sur scène.

« Je travaille sur d’autres morceaux, mais je ne sais pas encore ce que je vais faire avec. Si je veux refaire un maxi, si je veux faire un album…»

Je ne sais pas, on va voir (rires). Ca serait bien que je ressorte quelques choses avant la fin de l’année, pour battre le fer tant qu’il est chaud… J’ai fais beaucoup de remixes après la sortie de l’EP, mais sur soundcloud je ne poste quasiment rien, il y a beaucoup de producteurs qui postent un remix toutes les semaines, des trucs non officiels et moi ça ne me branche pas du tout, je ne veux pas balancer des trucs juste pour rester dans l’actu sinon des morceaux j’en posterai toutes les semaines parce qu’on fait de la musique tout le temps.

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Douchka derrière les platines © Dan Wilton/Red Bull Content Pool
Et si on revenait sur ton incroyable expérience à la Redbull Academy de Tokyo, ça doit laisser quelques souvenirs…

A chaque fois que je raconte cette aventure ça me donne encore des frissons, tellement c’était fou. C’est bizarre, car là encore je vis de ma musique, j’arrive à payer mon loyer, faire mes courses, ma vie quoi, et c’est juste dingue de pouvoir vivre de ça mais à l’époque de la RBMH j’étais encore étudiant, tout juste diplômé des Beaux Arts et en fait tu vis ce truc, tu rentres chez toi et tu te dis, « mais qu’est ce qui s’est passé ?! », tu retournes en cours en te disant « mais qu’est ce que je fouts là, je veux y retourner ! », et donc là tu te remets à bosser comme un ouf.

 

Ca a été une véritable dose d’adrénaline pour te lancer complétement dans la musique et laisser les études de côté au final…

Carrément, on a eu des discussions de malades avec tous les participants, au final on était tous mélangés, des mecs connus ou amateurs, des mecs qui n’ont pas de page facebook ni soundcloud qui faisaient de la noise expérimentale et qui étaient là au même tire que toi ou que tous les autres artistes qui tournent dans le monde entier, Zebra Katz, Kerri Chandler, Marley Marl

«C’était un peu irréel, et hyper envoutant à la fois, les mecs sont là, ils écoutent tes morceaux, c’est fou.»

Red Bull c’est une multi nationale qui met des moyens hors normes, on avait des studios suréquipés, des conférences incroyables avec notamment Benjamin Wright qui a écrit notamment Thriller de Mickael Jackson en tant qu’arrangeur, et tu es à 30 à parler avec ce mec, totalement fou. C’est d’ailleurs la dernière fois que j’ai pleuré… A la listining session à la fin, ils passent tous les sons que tout le monde a produit durant le mois, tout le monde s’applaudit… C’était très émouvant, après le discours du boss de la session qui nous a félicité. Tous avait les larmes aux yeux c’était puissant. Cette expérience a changé ma vie, en revenant j’a trouvé un label, un tourneur, ça a lancé véritablement mon projet.

 

A partir de ça on peut te souhaite, que ça continue et que ton projet, avec LES GORDON tourne bien ?

Exact ! Merci et j’ai hâte, et puis c’est super d’être avec Marc, on est que tous les deux , on reste décisionnaire de ce que l’on fait, mais à la fois on est pas tout seul, donc c’est cool. Avec Marco on a une manière de bosser très spéciale, jamais je ne pourrai bosser dans un groupe où tu es tributaire des autres, là on produit quand on veut, jusqu’à l’heure qu’on veut, si on veut dormir 12h, produire et sortir après, on le fait.

« Notre projet LESKA doit sortir pour la rentrée, on a hâte ! »

On a fait que deux dates avec LESKA, on a fait la première avec La Fine Equipe à l’Antipode, et après on a joué dans un petit festival qui s’appelle Capsules, mais après on a dit stop, pour justement créer plus de sons, ne pas faire trop de Live avant, pour ne pas aller trop vite.

Rendez-vous à la rentrée ! Pour découvrir Douchka & Les Gordon sous leur projet LESKA ! 

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 © Douchka

Douchka : Soundcloud – FacebookNowadays

LESKA : Soundcloud Facebook


Alice Defond

Rédactrice en chef Make x France
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