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Frankey & Sandrino, Kiasmos, Gerd Janson, Omā nous dévoile sa programmation. Rencontre…

A l’occasion du premier anniversaire d’Omā et afin de dévoiler la programmation de sa deuxième saison, on a discuté avec Sandro, acteur culturel et fondateur du collectif lyonnais le plus novateur du moment. On a parlé du chemin parcouru et des projets futurs mais aussi de la culture à Lyon, avec passion et discernement et on a écouté attentivement ce qu’il avait à nous dire.

Photo à la une :  © Gaétan Clément

                                  

 

Make x : Omā, une signature à l’orthographe singulière et un sigle qu’on a vu émerger depuis un peu plus d’un an à Lyon sur les réseaux sociaux. Sandro nous éclaire sur les visages et le projet derrière les 3 lettres…

Sandro : On est 8 environ, tous bénévoles. Moi je chapôte un peu le tout, je suis chargé de projet on peut dire. On a 3 Dj résidents, Simatik, Shango et De Angelis . On se définit comme des promoteurs, on organise des évènements,  on gére le booking artistique, la communication.

Le nom “Omā” a une signification ?

A la base, on cherchait un nom qui sonnait dans l’esprit de notre ligne artistique, quelque chose de presque spirituel, pas trop techno, pas trop house, au milieu des deux. Dans cette logique, Omā veut dire « une élévation spirituelle vers les dieux, vers les cieux ». On a traduit ça en « une élévation vers les dieux grâce à la musique » , un rendez-vous presque chamanique. On a tout articulé autour de ça, comme des rendez-vous mélodiques, symphoniques et chamaniques. Un peu comme un rassemblement à la prière.

Make x : Un nom qui se prête bien à la direction artistique d’Omā, dont l’empreinte artistique est celle de la techno mélodique.  Ni house ni techno, ni groovy ni garage, Omā propose depuis un an des artistes rarement entendus sur Lyon comme Woo York et Denis Horvat à l’occasion des 1 an du collectif le 23 septembre dernier.  Pour se lancer, Omā utilise le réseau de la communauté  Melodic Diggers  particulièrement active sur Facebook et dont Omā est très proche pour lancer ses premières soirées sur Lyon. Avec des figures de proue comme Âme et Dixon et leur label Innervision, le genre a tout pour attirer un public qui s’ignore encore.  

 

 

Un créneau artistique et une démarche novatrice au sein de la scène nocturne lyonnaise qui explique le succès quasi instantané d’Omā.

A la base, Omā c’est une communauté. On a créé l’association en août 2016. Pour nous, pouvoir accueillir des artistes comme Âme, Michael Mayer, ou Culoe De Song moins d’un an après le début d’existence du collectif, c’est une réussite. C’est une réussite de pouvoir proposer ce genre d’artistes et une vraie fierté. En terme de projets, on est très content des artistes qu’on propose, comme pour nos 1 ans avec  Woo York et Denis Horvat. Il n’y a pas de hasard, tout est travaillé. On programme un artiste qui colle avec notre identité, non parce qu’il est susceptible de créer un sold-out. Nous sommes des professionnels mais on est dans une démarche de fans avant tout, on ne fera pas des choses qu’on ne juge pas cohérentes.

On a l’impression qu’il y a un vrai effort esthétique dans les événements d’Omā, à la fois dans les choix musicaux, mais aussi dans les visuels et les covers qui sont très beaux. Vous accordez une grande place au graphisme ? 

Oui, dans la direction artistique et visuelle, on est parti sur des sortes de tableaux. On veut que chaque événement soit une sorte de tableau vivant. Et donc, dans notre communication le graphisme est aussi extrêmement important. Le public se souvient d’un événement parce que le line up lui a plu, mais aussi parce que l’affiche est belle et hormis le fait qu’on a une direction artistique à laquelle on ne dérogera jamais. Chaque évènement est très travaillé, bien construit. La communication visuelle rentre là dedans et joue un rôle énorme.

En terme de charte graphique, sur notre première saison, on a eu des tableaux brush, très abstraits, en noir et blanc. Cette année on a décidé de rajouter de la couleur mais toujours rester sur ces tons très clairs, très blancs, sur de la couleur très vive.

Omā a ainsi réussi à s’imposer en un an à peine comme un acteur culturel ancré dans le paysage lyonnais de manière légitime.  Plus encore que les autres grandes villes de France, Lyon est dominée par le tout techno. L’engouement n’est pas uniquement véhiculé par des institutions comme les Nuits Sonores et Le Sucre. Avec des collectifs comme Particules ou Tapage Nocturne il y a un réel engouement et une demande chaque semaine pour le nouveau lot de soirées techno dans tous les clubs de la ville et nombre de ces événements affichent complets. Dans une ville aussi vivace, on a voulu savoir si pour Sandro, la prolifération d’initiatives est une force ou peut être un obstacle.

 

© Gaétan Clément – Lyon Photographe

 

Ça peut être un avantage comme un inconvénient d’être dans une ville comme Lyon ou il y a énormément d’initiatives. Être dans une ville qui bouge, ça nous permet de bouger aussi, d’entreprendre. Au niveau du public, Lyon est de plus en plus prêt à accueillir de la musique mélodique. Sur Paris, c’est déjà un vivier immense. Je pense qu’on le voit tous, que ce soit le public comme les promoteurs, à Lyon, tout le monde veut faire de la techno.  Nous, on veut faire jouer des artistes qui passent très rarement voire jamais. Tout ce qu’on a fait, c’est des prises de risques immenses. Mais on sent que ça commence à venir, des groupes comme Melodic Diggers  ou Torture The Artist se construisent, et commencent à porter un intérêt sur le genre de musique qu’on promeut, même afro beat, tribal des choses comme ça. Nous ça nous conforte dans l’idée qu’il faut continuer dans ce que l’on fait.

 

Un message à passer aux acteurs culturels qui souhaitent s’implanter dans le paysage lyonnais  ?

Oui ! Innovez ! A Lyon, la concurrence est de plus en plus importante, tout le monde veut faire son truc. On a de très bons collectifs techno qui savent très bien gérer leurs soirées. La techno, de mon point de vue personnel, c’est en overdose. Il faut essayer de voir plus loin que la dernière Warehouse en Belgique ou à Berlin. Il faut faire attention à ce que les collectifs ne se créent pas uniquement pour organiser leurs propres « sauteries », mais pour apporter une plus-value à la scène lyonnaise.  Si ça tourne en rond, ça n’apporte rien à la ville. Encore une fois, si je peux faire passer un message aux promoteurs qui se lancent c’est « rajoutez un peu de piment ».  Après bien sur, il en faut pour tous les goûts !  Nous nous sommes calés sur la mélodique parce que c’est un genre qui nous plait énormément. Mais on a aussi étudié le marché et on a vu qu’il n’y avait presque personne sur ce créneau.

Comme nous l’explique Sandro, la priorité de Omā pour l’instant, c’est l’implantation durable à Lyon.  Que ce soit à Paris ou ailleurs, la discussion est ouverte mais n’est pas un objectif immédiat. A Paris, des collectifs comme Haïku occupent déjà le créneau artistique revendiqué par Omā. Encore une fois, la démarche est de proposer une expérience nouvelle au public et non de chercher à s’implanter sur un marché déjà verrouillé.

« Notre objectif aujourd’hui c’est vraiment de nous développer sur Lyon, on a encore de belles marges de manœuvre dans cette ville, on a encore beaucoup à prouver ici » Ce n’est pas nous qui allons nous en plaindre !


 

Et d’ici la fin de l’année sur Lyon on peut s’attendre à ça :

FRANKEY & SANDRINO le 31 OCTOBRE au BELLONA

EVENTTICKETS

KIASMOS le 2 DECEMBRE au LE PETIT SALON

EVENTTICKETS soon

GERD JANSON 22 DECEMBRE BELLONA

Soon 

 

 


Cynthia Torosjan

Rédactrice
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