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Let’s « Jack your Friday »

Que tu sois puriste de musique électronique ou simple amateur de son, voici un rendez-vous qui devrait te plaire. Simon de Happiness Therapy et Romain de Encore lancent un projet, qui s’apparente un peu comme le résultat d’une équation parfaite : artistes pointus, sound system qualitatif et bonne humeur, le tout dans un lieu – le NH Club – qui semble idéal pour l’occasion. Avec une capacité de plus de 700 personnes, aucun problème pour accueillir les danseurs infatigables du vendredi soir. On vous présente « Jack your Friday ».

© www.gaetan-clement.fr

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Simon tu fais partie de Happiness Therapy, et toi Romain de Encore. Pourquoi ce duo pour le projet?

Romain : Je suis venu la première fois sur les lieux, et j’y ai rencontré Cyril (le gérant du NH Club, ndlr). J’ai tout de suite vu l’énorme potentiel qu’il y avait ici. Ça faisait longtemps que je voulais monter un projet comme celui-là, mais je ne me sentais pas à l’aise de le lancer tout seul. C’est une charge de travail énorme et je travaille à côté, je suis régisseur d’un théâtre. Alors à partir de ce moment-là je me suis demandé avec qui je m’entendais bien, avec qui je délirais bien et avec qui surtout l’artistique collait le plus. Avec Simon on a vraiment les mêmes goûts musicaux en termes de house music, donc ça s’est fait naturellement. Au début on ne se connaissait pas vraiment dans le boulot et j’ai été agréablement surpris. C’est un gros pari de s’associer avec quelqu’un comme ça.

Simon : On a eu l’occasion de bosser sur quelques projets où on était un peu en « sous-marin », mais c’était des projets où on faisait plus un cross-over entre les deux associations. On sortait quand même ensemble, on se voyait en dehors. On savait que de base il y avait des atomes crochus : on aime les mêmes styles musicaux, surtout la house mais dans tout son spectre, que ce soit la house anglaise, la house de Chicago ou alors la tech house. A nous deux c’est devenu un projet réalisable. Je prends plus d’initiatives au niveau de la recherche d’artistes, et Romain est plus sur la logistique et la technique car il a 10 ans d’expérience là-dedans.

C’est donc vous qui avez choisi le lieu, comment a réellement démarré le projet ? Comment ça s’est fait ?

Romain : Je suis arrivé à la bonne période. Cyril avait envie de se renouveler. J’ai eu un coup de cœur et il était prêt à travailler sur le long terme et pas en one shot, pour créer une dynamique.  Ça s’est fait naturellement en fait, ça faisait un moment que je cherchais à reprendre la direction artistique d’un lieu qui vaut vraiment le coup, et je l’ai trouvé avec Cyril. Il est très ouvert, c’est important pour un projet comme celui-là.  Son vestiaire à la base est obligatoire, là il ne le sera pas pour nos soirées par exemple. Pareil sur l’aménagement, l’accueil, la lumière, le son, pour tout ! On a carte blanche. En fait c’est pas nous qui suivons Cyril mais c’est lui qui nous suit, il nous fait confiance à 100%. Et c’est plutôt rare généralement.

Simon : En fait c’est rare de trouver quelqu’un qui soit prêt à investir de l’énergie, du temps et de l’argent dans un projet simplement parce qu’il y croit. Quand tu compares ce qui est fait ici à l’heure actuelle et ce que l’on va proposer, c’est vraiment différent : c’est une clientèle différente, des demandes différentes, il faut le prendre en compte. A la base au NH Club la cible n’est pas la clientèle de musique électronique, et Cyril a su être à l’écoute et nous faire confiance. Et puis ça va apporter de la fraicheur à son club. On a un peu tout revu, jusque la ligne graphique du club.

Romain : On a travaillé avec un artiste parisien qui s’appelle SWANN. C’est un vrai artiste illustrateur, et grâce à lui on a pu faire les visuels que l’on voulait. Cyril a même récupéré le logo pour les vendredis pour que ça devienne le logo officiel. Et puis comme ça les gens qui connaissent le NH Club ou non se rendront compte que le vendredi c’est vraiment un rendez-vous ponctuel et hebdomadaire, différent du club dans son ensemble.

Pourquoi avoir appelé votre projet « Jack your Friday » ?

Simon : Le slogan « Jack you Friday » est une référence à une musique qui s’appelle « My house ». C’est une vocale connue qui parle d’un mec dénommé Jack, et qui explique pleins de choses à propos de lui et de la house music, donc on s’est dit que ça serait pas mal de faire un clin d’œil là-dessus.

Et au niveau de la programmation de vos soirées ?  

Simon : Ça sera une programmation qui se veut pointue mais aussi accessible, avec des artistes connus et reconnus mais pas non plus expérimentaux. A l’oreille il faut que ça reste grand public, que l’on reste sur de la house qui peut plaire à tout le monde. Autant au mec qui sort en boite le weekend qu’au puriste qui est à fond dans la house et qui en écoute toute la journée. Parfois dans les évènements, même s’il y a des artistes qui parlent à une certaine personne, c’est peut-être moins accessible au tout venant. Moi j’ai envie qu’on ait un rendez-vous qui soit fédérateur, qui puisse convenir à tout le monde.

Ça sera donc tous les vendredis, et pendant combien de temps ?

Romain : On veut vraiment créer une dynamique. On a de la marge, c’est un club qui peut contenir au moins 700 personnes, avec un étage. Il faut les remplir et c’est un gros challenge de débarquer dans un nouveau club comme ça. Mais on ne va pas faire ça tout seul, on s’est entouré de collectifs qui ont déjà leur place dans le paysage lyonnais : Happiness Therapy pour la première date, AtipiK Kollektif pour le 11 mars, le 18 ça sera produit par le club comme une fois par mois, et le 25 mars Carré Bleu Records. En avril on aura une soirée Acid faite par Street Credibility, ensuite Just a little beat, la Chinerie… Et on a aussi des partenaires avec qui on a déjà travaillé auparavant comme Zyva, Kiblind…

Simon : On veut proposer des artistes intéressants mais aussi mettre en avant les locaux parce qu’au final ils sont parfois tout aussi bons que les guests.

Vous êtes très engagés dans la vie nocturne lyonnaise. Vous pensez que Lyon a un réel potentiel ?

Romain : Carrément. J’ai pas mal vu l’évolution avec les premières soirées que j’ai organisées. Il y a une belle dynamique, on n’a pas à rougir par rapport aux autres capitales européennes, et même par rapport à Paris. Le monde est curieux, il sort. Je ne sais pas où ça va s’arrêter, mais on sent vraiment que le milieu de la nuit au sens large du terme monte de façon exponentielle. Je pense que c’est aussi grâce aux Nuits Sonores, et aux collectifs qui ont travaillé chacun de leur côté pour développer cette nuit lyonnaise.

Simon : A Lyon on a de la chance parce qu’on a pas mal de festivals de musique électronique,  le Riddim Collision, Rumble Festival,  Archisound, Elekt’Rhône, les 24h de l’INSA, etc. et les Nuits Sonores ont aussi démocratisé la musique électronique. Je pense qu’on est en avance sur pas mal de villes là–dessus. Et puis les gens se sont éduqués musicalement et se sont lassés du simple fait de prendre ce qu’on leur donne. Les gens sont demandeurs et savent ce qu’ils veulent. Le public s’est élargi, la musique électronique s’est démocratisée. Alors il faut proposer des choses intéressantes.

C’est la promesse que vous faites ?

Romain : En fait il y a beaucoup de promesses qui n’ont pas été tenues à Lyon, et on ne veut pas vendre du rêve pour rien dans le sens où on ne veut pas survendre. On se dit que le lieu et l’information parleront d’eux-mêmes. 

Simon : On ne veut pas trop de mystère, pas trop de teasing. On a aussi essayé de parer tout tue-l’amour éventuel. On veut juste que les gens ne se préoccupent que du club et qu’ils passent une bonne soirée. On sait ce qui est rédhibitoire dans un club car avant d’être promoteur on est aussi client donc on sait ce qui plait aux gens.

Vous avez des appréhensions par rapport au projet ?

Romain : Si on n’était pas sûr de notre coup on ne serait pas là à perdre notre temps, notre énergie…

Simon : On a voulu dépenser notre énergie dans ce projet là parce que l’on est confiant. Il y a des améliorations à faire certes, mais les gens qui vont venir vont rejoindre l’aventure, y participer. Ils apprécieront d’autant plus qu’il y ait des améliorations. C’est comme quand tu joues à un jeu vidéo, tu commences le jeu t’es au niveau 1 et tu montes les paliers, ici c’est pareil.

Romain : Sauf qu’ici, on est plutôt au niveau 50.

Comment définiriez-vous ce projet ?

Romain : « Jack your Friday » c’est un rendez-vous fait par des organisateurs, pour des organisateurs et pour le public. C’est pour les gens. On s’est mis à la place des gens qui allaient organiser ici.

Simon : En fait c’est un rendez-vous créé par des amoureux de la musique pour des amateurs de musique. C’est un partage autour de la musique. Dans un lieu qui s’y prête : tu as de l’espace, des endroits pour te poser et discuter tranquillement, je pense que tout le monde y trouvera son compte en fait. C’est un club multi casquette, hybride.

Qu’est-ce qui nous attend le 4 mars ?

Simon : La soirée sera produite sous Happiness Therapy, on invite Lazare Hoche. C’est un gros digger de musique qui cherche en permanence de la nouveauté, et qui joue à la fois sur vinyles et sur CDs. C’est un très bon producteur house et disco house. Il a son propre label, Lazare Hoche Records, et fait partie de Mandar qui est un trio avec S.A.M. (Samuel Andre Madsen) et Malin Génie. C’est un parisien qui répand sa house music à Paris et ça commence à raisonner un peu partout en Europe, et surtout en France.

On a mis un deuxième guest qui s’appelle Ben Vedren, qui nous proposera son live assez atypique. Il explore plusieurs styles musicaux. Son live comme au Weather avec les gens qui dansent autour c’est vraiment ce que l’on voulait proposer ici. Ça groove à fond, ce sont des grosses tracks disco house que les gens connaissent forcément, et puis c’est basé sur la rythmique alors ça ferait danser n’importe qui.

Et en warm up on met une grande référence locale : la Chinerie qui rayonne partout en France à l’heure actuelle. C’est des mecs qui passent leur temps à chercher la nouveauté, et qui s’adapteront très bien à ce lieu avec de la musique dansante et très happy.

Romain : Dans la soirée on va proposer du pointu, mais n’importe quelle personne sensible à la musique saura apprécier à coup sûr. On croit en ce club, et à partir du moment où les gens viendront, je pense qu’ils sauront apprécier. Et ils reviendront.

« Jack your Friday »,

NH Club, 6 rue Henri Barbusse, Lyon 8ème

Chaque vendredi, 23:00-5:00 

 


Amélie

Rédactrice
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