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ITW : Tapage Nocturne, Lyon s’apprête à trembler de plus belle!

Voilà 5 ans que les soirées Tapage Nocturne retentissent ponctuellement dans la ville de Lyon, assouvissant nos avidités de techno sombre et profonde. Comme chaque année, la programmation est inattendue, éveillant la curiosité et la convoitise de la jeunesse technophile. Rencontre avec Florent, 22 ans, co-fondateur de l’association, qui nous dévoile la programmation de la rentrée, efficace et pointue!


Florent & Victor © Laure Blanc Photographie

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Mxl : Salut Florent, comment s’est déroulée la soirée de vendredi, votre première collaboration avec Encore ?

Florent : Très bien ! L’occasion d’allier les deux collectifs que nous sommes et d’unir nos forces pour proposer un événement qui correspond à nos deux visions de la nuit. Personnellement, j’ai toujours trouvé que ces gars-là faisaient du bon boulot, et c’est un plaisir que de faire ce boulot-là ensemble. Bon, ils sont un peu vieux et approchent de la trentaine, mais on fait avec (rire).

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Comment as-tu fait tes premiers pas dans la vie nocturne Lyonnaise ?

Le DV1 m’a beaucoup inspiré. C’était pour moi une institution, on y a fait nos armes grâce à la confiance de son ancien propriétaire Yvan qui nous a permis d’en arriver là aujourd’hui. Au tout début, je n’avais que 17 ans et nous organisions des soirées auxquelles je n’avais pas le droit d’assister ! Le dialogue n’était pas toujours facile, notamment avec certaines personnes plus fermées d’esprit qui ne me prenaient pas au sérieux. Au final, ces personnes ont appris à me faire confiance, et vice versa.

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La programmation Tapage Nocturne reflète tes goûts musicaux, donc, qu’écoutes-tu en ce moment ? 

Je suis en plein dans ma période 90‘ et notamment avec un sous genre de Hard Core ayant le doux nom de Doom Core. Un genre de Gabber Hollandais en slow tempo, qui tourne autour des 130 bpm et qui installe une ambiance très sinistre. Très peu d’artistes ont produit ce genre de choses. J’adorerais faire jouer un des piliers de ce mouvement, « Fifth Era ». C’est rare de trouver un univers aussi construit et aussi complet. Je sais que ça ne marcherait pas du tout, mais de temps en temps, c’est pas si grave.

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Justement, comment trouves-tu l’équilibre entre programmer ce qu’il te plaît, mais qui n’aura pas forcément de succès à Lyon et programmer des artistes ayant déjà un public à Lyon ?

Les personnes qui m’entourent n’ont pas forcément le même avis que moi en termes de programmation. Certains membres de l’équipe préféreraient se focaliser sur un genre très précis d’artistes et programmer davantage de nouveaux venus et prendre plus de risques sur nos plateaux. J’avais moi aussi des idées très arrêtées là-dessus mais j’ai réussi à m’ouvrir au fil du temps. Il faut savoir faire la part des choses, et j’essaye de faire des choix qui sont bénéfiques pour notre structure autant que j’essaye de préserver la street cred’ de l’association.

Notre programmation septembre – décembre reflète justement cette balance là : des concessions entre les prises de risques, nos coups de cœurs, et les artistes qui font l’unanimité à Lyon.

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Quels sont les projets de l’asso pour 2018 ?

L’idée serait de continuer sur notre lancée et d’aller chercher des jauges plus importantes que celles que nous avons aujourd’hui. On est très adepte du « step by step » et je pense qu’il est important de faire les choses petit à petit pour ne pas griller les étapes. On cherche aussi à s’implanter plus fortement à Paris. On a commencé cette année avec deux soirées au Rex Club, un des plus célèbres clubs Français. Pour la dernière là-bas, c’était le soir de mon anniversaire, et à 23h55 toute l’équipe s’est mise à me souhaiter un joyeux anniversaire.

On a aussi lancé notre agence de management d’artistes, « TN Agency », qui regroupe des artistes Techno et Acid Techno, pour la plupart des légendes du mouvement déjà passées jouer chez nous : Thomas P Heckmann, Sterling Moss, Al ferox ou encore Kegffnayy et Istigkeit.

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Comment as-tu lancé le projet de l’agence de management ?

Il s’est fait dans la logique des choses. Lorsque tu organises des événements tu es sur tous les fronts : l’aspect « commercial » (savoir booker un artiste), la communication (diffuser les informations) et la gestion (gérer les équipes, les bénévoles, faire en sorte qu’il y ait une bonne entente dans la maison que tu représentes). A force de contacter les artistes je me suis approprié le processus, j’ai compris les attentes d’un promoteur. A force d’en parler avec l’équipe, les choses se sont faites plus ou moins naturellement et aujourd’hui, Mélanie représente l’agence en France et bientôt en Europe.

Quel sens a pour toi le mot « underground » ?

Pour moi ce mot n’a plus beaucoup de sens aujourd’hui. C’est complètement subjectif. Pour certain, c’est en rapport avec le nombre de fois où tel et tel artiste sont passés à Lyon. Pour d’autres c’est plus lié à la musique produite, pour d’autre encore à la philosophie qui accompagne la démarche artistique… Il faut s’intéresser au talent concret de l’artiste. Si on le fait revenir c’est pour son art. On ne va pas arrêter de travailler avec un artiste sous prétexte qu’il est devenu moins « underground ».

Nous avons eu quelques remarques concernant l’événement du 7 octobre où nous recevons Dax J et Boston 168. Peu de prise de risque certes, mais ce sont des artistes avec un univers fort et bien construit, qui au fil du temps sont devenus des amis qu’on prend plaisir à recevoir. La première fois que nous avons fait jouer les Boston 168, c’était un jeudi soir au Terminal, un petit club du centre-ville. Ils étaient au début de leur carrière internationale et c’était un vrai pari que d’avoir un aussi gros budget sur une aussi petite jauge. Résultat, une nuit magnifique et une salle pleine à craquer. Cela va de soi que nous le reprogrammions sur d’autres dates. Un artiste ne disparaît pas encore instantanément dès qu’il dépasse la barre des 20 000 likes !

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Pachanga Boys - Ninkasi  © Oriane Cotton

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La touche en plus des soirées Tapage Nocturne ?

On y met du cœur, on défend un idéal. On propose souvent des artistes qu’on ne s’attend pas forcément à voir. Par exemple, la programmation des 4 premiers mois de la saison 2016 comportait quasiment 100% d’artistes jamais venus à Lyon : Ugandan Methods, Makaton, AX&P, Unhuman, I Hate Models, Thomas P Heckmann, Falhaber, RVDE… Lorsqu’on fait venir un nouvel artiste coup de cœur, on prend des risques, de temps en temps ça marche moins bien, on touche un public encore plus restreint, mais ça fait partie du boulot, il faut oser le faire.

Pour cette année, on est très heureux de proposer Overmono, CJ Bolland, Setaoc Mass ou encore la légende The Mover aka Marc Acardipane.

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Ta recette pour une soirée réussie ?

Une dream team du côté du DJ Booth et une autre du côté des loges !

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Quel regard as-tu sur l’évolution de la club culture à Lyon ces dernières années ?

On est chanceux aujourd’hui de considérer comme acquis tous ces événements qui ont lieu chaque semaine, connaissant le passé de Lyon en termes de répression. Quand je pense à la rave « Polaris » de 1996 à la halle Tony Garnier avec entre autres Jeff Mills, Carl Cox, The Prodigy, qui a été annulée pour des raisons encore obscures aujourd’hui, Lyon a parcouru un long chemin depuis ! Bien qu’il nous reste toujours à envier de certaines capitales du genre. Mais aujourd’hui tu es libre d’organiser un événement de musiques électroniques sans avoir le risque de tout te faire annuler au dernier moment, ou de tomber dans les filets d’une affaire policière douteuse. Il nous reste encore beaucoup à apprendre, mais Lyon est sur la bonne voie !

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Jennifer Pariente

Rédactrice Make x France
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