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Interview : MHM001

Dans quelques jours sortira le troisième EP de leur label, nous en avons profité pour partir à la rencontre d’une partie des gourous de Moonrise Hill Material, Bruno aka Folamour et Etienne aka Ethyène. Un projet mené par quatre « frères de sons », pour lequel notre équipe a eu un véritable coup de cœur. Retour sur les débuts prometteurs de ce jeune label, à la direction artistique fleur bleue et électrisante.

Comment est né le projet Moonrise ? 

Folamour : En novembre de l’année dernière, j’ai vraiment ressenti le manque d’un drapeau à porter, de quelque chose à présenter et à soutenir. J’avais l’envie d’un crew qui me ressemblait vraiment, avec des gens qui avaient des sons assez similaires aux miens, qui avaient la même envie. A ce moment-là j’ai regardé un peu autour de moi, et j’ai réfléchi aux gens qui étaient dans cette même optique. On (Folamour, Ethyène, Kaffe Crème et Okwa, ndlr) s’est rapidement retrouvé dans le même « mouv », dans la même dynamique et avec les même influences. 

Ethyène : On se connaissait avant et on avait déjà pu échanger à ce sujet. Il y avait eu des choses, dans les discussions que l’on avait eu avant, qui nous ont fait comprendre qu’il nous manquait vraiment un truc.

A qui doit-on cette identité visuelle? 

Ethyène & Folamour : Au « 5 ème mousquetaire ».

Ethyène : Le graphiste s’appelle Jean Granon. Il bossait déjà avec mon autre collectif, ArtJacking. Je savais qu’il bossait très bien et quand on a eu besoin de quelqu’un, je l’ai suggéré. On a pu se reposer sur son travail.

C’est réellement une rencontre artistique, en plus d’être une rencontre entre copains…

Folamour : Exactement. Au final, l’expression que l’on emploie c’est que l’on se dit « frères de son ». Je travaille déjà avec Etienne et Victor sur Touche Française, et Etienne travaille avec Emeric sur ArtJacking. On est vraiment proche, on a vraiment un son en commun qui nous a rapproché dès le départ. Il y avait déjà ce délire, on a tous déjà joué ensemble une fois. Du coup tout ça s’est fait très vite : on a commencé à monter le projet, puis à réfléchir au concept que l’on voulait poser, et comment le retranscrire. On a directement pensé au fil de la House, une House qui raconte vraiment quelque chose, pas une House de club qui est là pour renverser des dancefloors. Une house basée sur pas mal de soul, pas mal de funk.

Ethyène : Et de Jazz ! Ce projet est aussi basé sur nos influences. On veut une House au delà de la musique que l’on fait, même si elle est assez similaire.

Folamour : C’est vraiment né de ça, de nos influences. On voulait défendre le fait qu’à Lyon, il y a de la house, il y a des producteurs, mais aussi une scène qui dort. Il y a une très bonne house ici. Mais on ne voulait pas être présenté comme un label « lyonnais » de « House ». On voulait aussi que ça soit ouvert à tous, à d’autres mecs qui viennent de n’importe où, et ne pas être enfermé dans cette espèce d’enclave qui est Lyon parfois.

Qui fait quoi dans le label ?

Ethyene : Au niveau du son, on est un peu tous directeur artistique du label. Tout se décide à quatre. On veut que tout le monde soit absolument fier de ce qu’il fait parce que c’est dur de défendre quelque chose que tu n’aimes pas, même si c’est validé par tes trois compères.

Folamour : Certains ont plus d’affinité avec des parties plus gestionnaires du label, du coup on se sépare les tâches. Mais tout le monde a une place prédominante.  

Pratiquement un an de sorties, 3 mooncasts, un various, le premier EP pour Folamour… Comment s’est enchaîné tout ça ?

Ethyène : Le various a été fait avant, il a prit du temps. On avait déjà lancé le projet, mais il fallait trouver un moyen de montrer aux gens ce que l’on aime, que l’on commence à communiquer. Il fallait que l’on ait de l’actualité à partager avec les gens, c’est pour cela que l’on a sorti les mooncasts.

Folamour : Les mooncasts sont le moyen de montrer aux gens ce que l’on fait de manière générale. Pour le moment il y a un mooncast d’Ethyene, un d’Emeric, et j’en ai fait un aussi. A chaque fois c’est assez personnel : c’est comme une carte de visite, un condensé de tout ce que l’on aime et qui amène à nos EPs. Là on a commencé par un various, car on voulait rester dans l’idée de se réunir tous les quatre. On commence en montrant chacun ce que l’on a envie de faire, nos liens. C’est aussi pour ça qu’on l’a appelé « Traboules Night », car on s’est tous rencontré à Lyon.

Pour le moment pas de volonté de signer un artiste ?

Ethyène : Pas vraiment… Sauf s’il y a le truc du siècle qui nous tombe dessus, pourquoi pas. On a déjà un planning qui est chargé, pour près d’un an. Pour nous il est aussi important de sortir notre musique, on s’investit tous énormément dans le label, alors pour l’instant on se concentre sur nos productions. 

Folamour : C’est vrai que pour le moment on a reçu pas mal de démos, il y a eu de très bons sons, très bien produits. Mais un peu éloignés de notre esprit et de ce côté poétique que l’on veut donner au label.

Ethyène : La House en fait c’est comme toutes les musiques, ça peut devenir très vite assez générique. Des morceaux de House bien produits, il y en a beaucoup, et on veut plus que ça. On veut quelque chose de très marqué, qui ait une âme.

Sur la scène locale actuelle, vous avez quelques coups de cœur ?

Folamour : Sharivari, incontestablement ! Ensuite, BFDM, que j’aime vraiment beaucoup, les mecs se bougent. Ils font vraiment des sorties de fou. Le dernier EP de LABAT est incroyable ! C’est du pur hip-hop comme on aime, c’est vraiment cool. Après on a les copains de la Chinerie qui préparent des grosses compiles qui vont être supers. Ce sont vraiment des gars qui vont faire des belles choses.

On vous a vu sur pas mal de dates cet été et à la rentrée 2015, est ce que toute cette effervescence va continuer ?

Folamour : On va retourner à la Maison Mère. C’est le lieu qui nous correspond le mieux, où l’on s’éclate, où l’on peut jouer tout ce que l’on veut, du hip-hop à la funk, à la disco chelou… Après sinon on a tourné un peu partout, on a joué à Nantes, on va jouer à Grenoble, à Saint Etienne, il y a un projet qui se prépare à Marseille. On essaie de bouger un peu partout, d’aller présenter le projet dans des salles qui nous plaisent.

Tout roule pour vous alors ?

Folamour : Oui c’est vrai, pour le moment ça va !

Ethyène : Ça a prit du temps, et c’est normal. Quand tu veux faire quelque chose de bien, ça prend toujours beaucoup de temps et d’énergie, mais maintenant ça roule.

Une anecdote sur Moonrise ?

Folamour : On a eu une label night au Sucre l’été dernier. On avait vraiment eu envie de faire les choses bien. Même si j’ai déjà joué pas mal de fois là bas, que je connais le public, c’était vraiment une date spéciale car on savait qu’il y aurait une grosse part de copains ce soir-là. Du coup on s’était mit une assez grosse pression. On voulait vraiment montrer ce qu’était Moonrise, en plus de vouloir faire des beaux sets, des sets qui nous ressemblent. La soirée commence, on se détend, les sets s’enchainent et les gens commencent à être pris dans le mouv. On sent vraiment qu’il y a un truc qui se passe. On prenait vraiment un plaisir de fou; et on avait gardé une heure à la fin pour faire un énorme B2B… C’est à ce moment là que c’est devenu complètement dingue ! Ça commençait à monter, et chacun balançait ses pépites, ça montait, ça montait… Une fois mon tour, je décide de balancer Never grow de Floorplane, c’est un morceau super rapide et tout le monde pétait les plombs! Tout le monde était vraiment à fond. Ensuite c’était au tour d’Ethyène d’enchainer… Il vient me voir, et me dit « j’ai trop envie de jouer Superstition! ». C’est un morceau de Stevie Wonder mais… super lent. C’était limite incalable ! Je savais pas comment il allait faire. Mais on se fait tellement confiance que je l’ai laissé faire, et puis on était là pour s’amuser ! Alors Ethyène, sans pression, coupe le moceau et balance Stevie Wonder. On a vu le public se demander comment ils allaient danser dessus aussi lentement après ça… mais ça a marché ! 

Ethyène : C’est ce genre de moment qui nous ressemble vachement.

Folamour : Une grosse liberté d’action sur ce que l’on aime, une grosse confiance entre nous. C’est ce qui fait aussi la force de Moonrise : on va se construire grâce à nos B2B, car on donne vraiment le meilleur de nous-même quand on est ensemble.


Alice Defond

Rédactrice en chef Make x France
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