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Bienvenue chez Puzzle Café, le coffee-shop friendly

A la recherche de nouveaux lieux à vous faire découvrir, j’ai arpenté les rues de la presqu’île pour trouver un spot sympa, nouveau, qui donne envie de s’y attarder. C’est dans l’une de ces petites rues du 2ème arrondissement que j’ai croisé Thomas et Fernando, amis et entrepreneurs, fondateurs d’un coffee shop : Puzzle Café.

Ce coffee shop au design moderne et épuré me faisait penser à ceux que l’on trouve dans les pays nordiques, et j’étais alors curieuse car les seuls « coffee shop » que je connaissais étaient ceux de mes virées à Amsterdam, ce qui n’a strictement rien à voir. Je n’étais jamais entrée dans un « vrai » coffee shop, et puis les mecs avaient l’air sympas… Quoiqu’il en soit, j’ai voulu en savoir plus.

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Commençons simple, commençons bien… En quelques mots, qui êtes-vous ?

Fernando : Je m’appelle Fernando et je suis co-gérant du Puzzle Café.

Thomas : Et moi je suis Thomas. Je suis barista, c’est l’équivalent du sommelier mais au niveau du café. Notre métier consiste à savoir tout de A à Z, de la cerise de café jusqu’à la tasse.

Qu’est-ce qui vous a poussé à ouvrir ce concept ensemble ? 

Fernando : Cela fait 4 ans que l’on se connait. On s’est rencontré à Lyon pour l’univers de café.

Thomas : Avant je travaillais dans un coffee shop dans les pentes, à Mokxa. J’étais un des premiers barista à y travailler. Ça faisait déjà 4 ans, Fernando s’est avéré être un de mes clients et on est devenu potes. Le café c’est vraiment un lieu de vie, un lieu de rencontre, et c’est comme ça que l’on s’est rencontré et que l’on a eu l’idée.

Fernando : En début d’année on a commencé à en parler, on voulait ouvrir quelque chose, se lancer. A Lyon, il n’y a pas une grande variété de cafés…

Thomas : D’un point de vue purement économique, au niveau de l’offre et de la demande, à Lyon il y avait de la demande mais l’offre n’était pas là. Il y a un petit souci avec le terme coffee shop. Il y a beaucoup d’établissements qui se disent coffee shop, mais le terme est un peu galvaudé. Maintenant à partir du moment où on fait du café, des cappuccinos et des choses comme ça, on se dit coffee shop mais en fait pas du tout. A Lyon il n’y a que 3-4 véritables coffee shop finalement.

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Tu définirais comment le terme coffee shop ? 

Thomas : Je le décalerais plutôt vers le terme speciality coffee. C’est-à-dire qu’on fait un café, on sait comment on le fait, on sait comment le préparer, on sait comment le régler, en fonction des saisons, de la torréfaction, etc. C’est un savoir-faire au final. On l’apprend sur le terrain, parce que l’on est passionné, mais ça ne s’improvise pas.

Et « Puzzle Café », pourquoi ce nom ? 

Fernando : C’est une bonne question ! (rires)

Thomas : (rires) Fernando est Argentin, moi je suis français, on vient tous les deux d’un monde un peu différent. Moi je suis barista mais Fernando est plutôt bar-tender, il vient plus du milieu du bar. Et on s’associe pour créer quelque chose, une belle chose. Au final on associe plusieurs pièces pour ainsi créer un puzzle. Et comme on fait du café, et bien on l’a appelé Puzzle café.

Mais ça c’est juste la version officielle, non ? 

Thomas : Oui c’est vrai (rires). En fait y a une deuxième histoire. C’est une référence à un vieil épisode de How I met your mother (saison 4 épisode 13, ndlr). Dans un épisode, Ted et Barney se disent qu’ils vont acheter un bar, et ils décident de l’appeler « Puzzles ». On aime bien la série, du coup c’est resté.

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Et Puzzle Café, comment vous le définiriez? 

Fernando : Puzzle Café c’est le coffee shop comme on l’entend véritablement dans les pays anglo-saxons, ou dans les pays scandinaves. On veut aussi le rendre comme un lieu chaleureux, cosy, où on aime se poser. On se différencie aussi du fait qu’on va associer toutes les palettes aromatiques des cafés que l’on a, des sensations d’agrumes, de chocolat etc., avec les pâtisseries qu’on va servir.

Vos pâtisseries justement, c’est du fait-maison ? 

Fernando : On travaille avec Piece of Cake, un pâtissier qui est dans le 7ème. Là il y a du citronné, du chocolaté, et aussi des choses un peu plus américaines, des cupcakes, des carrot cakes – le citron-pavot est l’un des meilleurs qui existe sur terre (rires). Si par exemple tu as un café qui est trop fruité, on va te proposer de prendre quelque chose au citron pour casser un peu le côté doux et pour que ça soit acidulé.

Thomas : On a des palettes aromatiques de cafés, des saveurs, et c’est à partir de là qu’on va te conseiller la pâtisserie à prendre si jamais tu veux continuer sur l’acidité ou si jamais tu veux la « casser ».

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Au niveau de vos expressos, vous changez les variétés de cafés?

Thomas : Le café c’est un produit de terroir mais aussi un produit saisonnier: en fonction des saisons on ne va pas travailler avec les mêmes fermes. On travaille avec un torréfacteur, qui lui va sélectionner ces fameuses fermes et on va ensuite lui faire confiance pour choisir des cafés qui nous conviennent. En ce moment, notre torréfacteur travaille beaucoup avec des fermes africaines, sur des cafés acidulés et fruités, qui sont vraiment une spécificité de l’Afrique, parce qu’ils ont des variétés de cafés qui sont portées sur le fruit.

J’ai vu que votre projet a été financé grâce à la plateforme de financement participatif Kiss Kiss Bank Bank

Fernando : Oui on a fait appel à Kiss Kiss Bank Bank. Mais ça n’a pas été pour tout le projet. C’était un peu d’aide on va dire.

Thomas : C’est vrai qu’on a un peu fait appel aux dons sur Internet. On a réussi à récolter la somme qu’on souhaitait, c’était hyper sympa. Ça a permis de fédérer une communauté autour du projet, on a vraiment ressenti ça dans les premières semaines de l’ouverture, parce qu’au final c’était des amis, ou alors des personnes qui avaient participé sur le crowdfunding.

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Ça fait quoi d’atteindre l’objectif du financement ? 

Fernando : C’est magnifique, surtout qu’on avait déjà le local ! Quand le moment où on a tout réuni est arrivé, on s’est dit que ça y est, l’aventure commence.

Thomas : C’était un soulagement aussi, c’était de la communication pure et dure, on communiquait tous les deux jours sur le crowdfunding. Au bout d’un moment on se disait qu’il y aurait saturation… Mais on y est arrivé, et maintenant c’est parti. On a récolté 5 200€ sur 40 jours. On avait fixé un objectif initial de 5 000€ et on a eu un peu plus donc c’est cool.

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Vous êtes situés sur la presqu’île. C’était un choix ? 

Fernando : On a d’abord cherché dans le 7ème mais ici on a bien aimé. Avant ici c’était une boutique de vêtements, on a dû un peu tout changer, construire le bar, faire la déco, l’électricité. Il y a cinq ans au fond c’était la cuisine d’un kebab ! (rires)  C’était un chantier. Et puis être ici ça permet de donner un peu de vie à la rue aussi. Avec l’opticien à côté et nous, on veut dynamiser ce petit espace.

Jusque maintenant, vous êtes content ? Vous aimez ce que vous faites ?

Thomas : Ah oui, très content. On sait faire quelque chose, on veut bien le faire, on se donne les moyens de bien le faire, et à notre portée. Il ne faut jamais voir trop grand, il faut savoir ce que l’on sait faire, et comment le faire.

Un mot pour définir votre coffee shop?

Fernando : Un mot ? Fantastique !

Thomas : Moi j’ai « qualité » en tête : on fait des choix de qualité, donc c’est ce qui me vient en premier. Après j’ai friendly en tête, et convivial. On est abordable, on aime partager notre métier, discuter avec les gens qui viennent, et c’est super. C’est vraiment ce qu’on cherchait… et c’est ce qu’on a.

Puzzle Café, 4 rue de la Poulaillerie, Lyon 2ème


Amélie

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