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Nuits Noires casse les codes et s’en remet à vos sens

Nuits Noires est un concept basé sur « l’expérientiel » qui révolutionne notre appréhension de la musique. Des concerts dans le noir qui nous invitent à plonger en totale immersion, nous faisant happer par les mélodies et les sensations qu’elles nous procurent.


© Nuits Noires

 

Des frissons sur la peau jusqu’à l’extase de notre cerveau, les Nuits Noires nous rappellent que la musique se vit bel et bien à travers le prisme de nos sens. A l’origine de ce projet innovant se tient Élodie Parmentier, une jeune entrepreneuse lyonnaise. On vous dévoile ici son portrait, suivi de son interview.

 

Portrait

Elodie Parmentier, jeune femme prônant l’audace, la détermination et la curiosité intellectuelle, est aujourd’hui fondatrice de Priism et de Nuits Noires. Elle s’inscrit dans la mouvance des jeunes entrepreneurs culturels qui souhaitent faire bouger le monde de la Culture. Après avoir voyagé au Mexique durant sa licence (de communication spécialisée en Art numérique) elle revient en France, à Paris, où elle entame une année de césure dans une agence d’événementiel. Suite à cela, elle poursuit ses études en Master à La Sorbonne dans la direction de projets culturels et travaille pendant 3 ans en tant que chargée des événements corporate pour le Palais de Tokyo. Depuis peu, maintenant presque 1 an, elle a monté le concept de Nuits Noires et de Priism en parallèle. Elle nous raconte ici Nuits Noires.

 


Elodie Parmentier © Caracole

Interview

Make x Lyon : Salut Elodie, merci d’avoir accepté l’interview. J’ai 6 questions pour toi. Ça te va ?

Elodie Parmentier : Je t’en prie. Oui, je suis prête !

M : Ok alors la première ; peux-tu me raconter la genèse du projet ?

E : Alors… je rentrais de voyage d’Australie, j’avais envie de créer des événements musicaux, et j’avais déjà travaillé au Yoyo à Paris. Mais j’avais été frustrée car je n’avais pas la main sur les événements musicaux. L’artiste Tino Seghal a été le déclencheur et du coup le début de Nuits Noires.

M : C’est-à-dire ? Ta source d’inspiration ?

E : Oui exactement. Il est très controversé. J’ai été marquée par son expo au Palais de Tokyo (Mars 2016, elle y travaillait). C’était une carte blanche basée sur des performances, il y avait une pièce énorme totalement plongée dans le noir avec beaucoup de percussions corporelles, même du toucher. C’était hyper étrange. Le noir procure des sensations complètement inédites.

Ça a été le début de notre collab avec Jérémie (son associé). Juste avant, on venait de se lancer dans BalconyTV Lyon. Je lui ai raconté mon expérience et lui ai dit : « On se lance dans les concerts dans le noir, ça te dit ? ». A ce moment-là, on a fait nos recherches et les seuls à avoir testé le concept étaient Amadou et Mariam, personne d’autre.

On a fait la première Nuit Noire en février 2017. On s’est rendus compte qu’il y avait un public. Ça a été un gros coup dans la fourmilière locale lyonnaise et ça a tout de suite bien marché.

M : Ah oui, je vois. Merci. Deuxième question : quelles étaient tes principales ambitions en créant Nuits Noires ?

E : Faire cohabiter des genres musicaux qui n’ont pas l’habitude d’être mêlés et faire travailler des gens qui ne travaillent pas forcément ensemble. Ce qui est génial, c’est que souvent après les concerts ils créent des projets ensemble. Notre ambition c’est de casser les codes.

M : Super, j’aime beaucoup le concept. C’est quoi pour toi « l’expérience culturelle » en 2017 ou « l’expérientiel » ?

E : C’est l’humain qui est mis en avant dans l’expérientiel. On fait quelque chose de plus privilégié qu’avant. C’est clairement en lien avec tous les réseaux sociaux, le côté « m’as-tu vu ? ». Les gens vont à des concerts spéciaux pour s’afficher sur les réseaux, se différencier. Ça a un côté un peu compet’ que personnellement je n’aime pas du tout. Nous on veut surtout mettre l’accent sur le côté humain, le fait que le public puisse parler avec les artistes. On ne partage pas l’idée que : c’est un artiste, on le met sur un piédestal. Au contraire, on est dans l’échange !

M : Vous êtes combien à travailler sur Nuits Noires ?

E : Deux en fixe. On collabore de temps en temps et on a des bénévoles qui nous suivent. L’idée c’est d’avoir une belle équipe à Paris et à Berlin d’ici 2018.

M : Ok, cool ! Quelles suites voulez-vous donner à Nuits Noires du coup dans les prochains mois et pourquoi pas les prochaines années ?

E : Berlin en décembre. On collaborera avec deux producteurs : Hélène Meyer (responsable du lieu THE VENUE BERLIN) et Pascal Weick (indépendant RP pour des labels). Hélène a un lieu, qui est une salle d’enregistrement à la base. Elle a travaillé pour Rolling Stone magazine. Et Pascal est RP dans la musique. L’idée est de faire un lancement avec une tête d’affiche, on est en discussion avec des groupes assez « chanmé ». On voudrait faire une récurrence. À paris on voudrait faire le même format. On a une équipe d’amis : Jeanne qui bosse chez Pernod Ricard, dans l’expérientiel, et Elise qui était coordinatrice du festival de design D’Days.

M : Ok, c’est super en tout cas ! Un grand merci. J’ai une dernière question pour toi, plus large et un peu intello. Tu peux dire non (rires).

E : (rires) Pas de souci, dis moi !

M : Ok. Alors… Comment toi, à travers ton expérience tu vois l’avenir de la Culture en France ?

E : (silence) Alors j’ai surtout l’expérience de l’Art contemporain et je m’intéresse beaucoup à la médiation culturelle.

M : Pas de problème, c’est comme tu veux !

E : En fait j’en ai marre des codes élitistes. Alors attends, on dirait un Président…

M : Vas-y (rires), je t’en prie.

E : « L’idée pour moi ce serait de donner des clés au grand public, d’ouvrir des champs artistiques. Certes élitistes de base mais les rendre accessibles. Mes parents n’étaient pas du tout là-dedans, mais si tu fais l’effort d’être curieuse, tout s’éclaire à toi. Beaucoup de gens n’ont pas cette motivation car ils sont freinés par l’aspect élitiste alors que tout peut devenir accessible via la médiation (culturelle). La clé de la culture c’est la curiosité avant tout, rencontrer des gens. Il faut être un minimum culoté(e).« 

M : Merci pour ton temps.

 

Six éditions des Nuits Noires ont eu lieu cette année à Lyon, pour suivre l’actualité du projet, c’est par ici.


Ghislain Varlet

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