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Make x Rencontre : Nicolas Laborderie, gérant du Terminal

Make x Lyon a eu le plaisir de rencontrer Nicolas Laborderie, dj, producteur, mais surtout co-gérant du club le Terminal : lieu échappatoire qui permet à la musique électronique de se développer sur Lyon depuis bientôt cinq ans. Nous avons pu discuter du chemin qu’il a parcouru mais également de ses projets personnels et de ceux du club.


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Make x Lyon : Quel a été ton parcours avant d’en arriver là ? 

Nicolas Laborderie : J’ai tout d’abord démarré dans le milieu associatif en tant que bénévole. Nous avions créé un webzine appelé Interstice, l’un des premiers à refléter l’actualité électronique et les premiers concerts électroniques lyonnais. Nous avions également une émission radio. Avec toute cette équipe, j’ai rejoint un magazine nommé Starwax, basé à Paris. Avant d’ouvrir le Terminal, il y a cinq ans, nous avions une structure qui s’appelait Ednlegs. Nous étions producteurs de concerts dans la musique électronique à Lyon.

 Ça en fait du chemin ! Et quel âge as-tu ?

J’ai 33 ans.

 Et on sort encore à cet âge-là ? 

Oui, mais c’est plus difficile le lendemain (rires) !

 Dis-nous, où est-ce que tu sors quand tu es à Lyon ?

Alors au Terminal (car c’est aussi beaucoup de plaisir), le plus souvent au Sucre, au Transbordeur et également à La Maison M pour l’aspect plutôt bar. Sans oublier chez Capsule, nos copains qui viennent d’ouvrir.

 

Terminal © Rémi Le Pogan
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 Le Terminal propose une programmation toujours très pointue, comment vous-y prenez vous ? 

On essaye de refléter l’actualité électronique du moment en ciblant la musique House et Techno. On évite la musique hard telle que la Dubstep, Hardteck, etc. Nous voulons garder cet aspect de dancefloor qui est très important, mais nous voulons rester pointus dans ce que nous proposons.
Le club propose beaucoup de nouvelle découverte, il est d’ailleurs à taille humaine donc c’est important pour nous de mettre en avant les artistes locaux et c’est pourquoi nous aimons travailler avec des collectifs à qui nous demandons d’inviter une tête d’affiche française ou internationale et ça le jeudi, vendredi, samedi et veille de jour férié.

 Pour toi, qu’est ce qu’il manque à la scène électronique lyonnaise ?

Pas grand chose. Elle a explosé sur les dix dernières années, avec comme moteur les Nuits Sonores. Même si Lyon n’est pas Paris, on reconnaîtra tous que l’activité électronique s’est fortement développée. Le public a aussi un grand rôle là-dedans, car c’est lui qui fait vivre toute cette activité électronique et avec cette affluence grandissante que nous pouvons faire vivre la ville de Lyon. J’en profite aussi pour dire que ce n’est pas que le public lyonnais, en effet, on remarque de plus en plus que la proportion de touriste augmente. Par exemple avec la billetterie d’Evasion Festival, la part du public régional est plus importante, mais nous avons également des étrangers.

• En parlant d’Evasion Festival, tu es aussi derrière ça ?

Alors oui, nous sommes plusieurs équipes. C’est principalement l’équipe du Distrikt et l’équipe de Koud’Pokr qui sont les financiers et le moteur. Mais Evasion Festival, c’est un projet que nous avons monté ensemble comme un rêve fou, on s’est dit « Allez, on le fait ! » en fin de soirée et maintenant on en arrive à la troisième édition. La première était un test, avec un lieu tel que le Parc de Miribel vous imaginez bien que l’on a énormément de contrainte pour pouvoir organiser un festival là bas. Mais tout, c’est bien passé. Les dates pour la troisième édition ont été calées (le 7 et 8 juillet 2018) et je peux vous dire que l’on prépare quelque chose d’encore plus gros !

 Tes festivals préférés ?

Les Nuits Sonores ! Après, j’aime beaucoup le Sónar qui est un petit coup de coeur.

Quels sont tes projets à venir ?

Alors le Terminal va avoir cinq ans, ce qui n’est pas rien pour un club. L’anniversaire aura lieu du 1 au 4 mars 2018, sur quatre jours. Je ne vais pas en dévoiler plus pour l’instant mais je peux vous dire que de bonne surprise sont en préparation !

 Parle-nous un peu des « Blacksunday » ? 

C’est un nouveau projet. On est très content de notre réussite mais nous voulions pousser un petit peu plus loin. Nous avons remarqué grâce aux soirées Sunset Society au Sucre que le public lyonnais sort de plus en plus le dimanche après-midi, nous avons également une clientèle professionnelle du monde de la nuit. On travaille généralement tous le samedi et, le lundi, c’est notre dimanche. C’est pour cela que nous avons voulu répondre à cette demande. Nous sommes toujours en phase de test mais on espère qu’à termes cela devienne hebdomadaire.

 Est-ce que tu te vois faire ta vie dans le monde de la nuit ou ces horaires vont finir par te prendre la tête ?

(Rires) J’aime beaucoup la nuit, mais avec l’âge ce n’est plus comme à l’époque de mes 25 ans où l’on organisait des concerts. Aujourd’hui, grâce à l’équipe du Terminal qui est vraiment soudée, je peux prendre un peu plus de recul sur les nuits, car c’est assez épuisant. Mon objectif restera toujours de travailler dans la nuit et dans la musique, car j’ai la chance d’avoir mon métier qui est également ma passion, ce que je souhaite à tout le monde.

 Peux-tu nous parler de l’équipe qui t’entoure ? 

Nous étions ensemble, le Terminal est en quelques sortes l’aboutissement de notre association. Il y a Philippe mon associé qui s’occupe en partie du graphisme et de la partie exploitation. Il y a Mikou, que l’on croise à la billetterie. Renaud, notre chef de bar et également Simon, qui s’occupe de la programmation .

 Une question plus sérieuse pour finir : qu’est-ce que représente la culture pour toi ? 

La culture ? C’est assez large ! C’est d’abord le fait de s’intéresser aux choses, selon moi. C’est aller chercher l’information. Par exemple, je me cultive aussi dans des domaines où je ne suis pas forcément passionné. Ce que j’aime aussi, c’est connaître un peu de tout et être ouvert d’esprit, c’est très important. Sans ça, on ne verrait pas forcément ce qu’il se passe autour.

Je ne suis pas quelqu’un de pro culture au niveau politique, d’ailleurs, je suis anti subventions, car je trouve qu’aujourd’hui, grâce à la musique électronique nous n’avons plus besoin d’aller en réclamer. En revanche, je trouve que ce serait bien que l’on soit un peu moins taxé. On se retrouve parfois un peu avec le rôle de vache à lait, enfin bon, c’est un petit message au passage.

Et pour revenir sur la culture, c’est quelque chose sur lequel les gens devraient principalement s’ouvrir. C’est vraiment lié à tout. Par définition, la culture n’est jamais nulle.

 J’en profite juste pour rebondir sur le point « pas de subvention », tu en penses quoi des sommes exorbitantes que certains artistes peuvent toucher ? 

Je trouve qu’il y a de l’abus. Cependant, il y a tout de même une réalité économique. On choisit un artiste en fonction du remplissage qu’il peut nous faire, donc d’une recette de billetterie et ça, les managers l’ont bien compris. C’est comme ça qu’ils calculent la valeur du prix. Dans l’autre sens, c’est qu’ils ont parfois tendance à oublier que c’est nous les clients. Lorsque l’on voit toutes les histoires qui ont pu arriver aujourd’hui, je trouve ça malheureux d’avoir certaines attitudes hautaines. Dans le monde du commerce – car oui, ça reste du commerce – on a le respect du client. Après les cachets sont mérités, la musique électronique a explosé donc oui, voilà, mais il faut savoir modérer et parfois ne pas oublier l’historique.

Très bien Nicolas, merci à toi de nous avoir reçu !

TERMINAL  EVATION FESTIVAL


Fanny Etilopy

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