terrence parker
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It’s TP, Terrence Parker.

C’est dans la cale du Bellona que nous avons discuté avec Terrence sur sa musique, son parcours et son attachement à la France et à Lyon. Il revient ce vendredi 9 novembre pour la 3ème AFR x Terrence Parker residency. Téléphone Man is back ! 

Image à la une © Diane Moyssan

Terrence Parker – Bellona © Diane Moyssan


MX : Salut Terrence, nous allons parler de ta carrière, ta vision de la musique, mais également de ta collaboration avec Art Feast. Mais tout d’abord, pourrais-tu nous dire comment tu as commencé à mixer ?

TP : J’ai commencé à mixer à l’âge de 10 ans. À l’époque, il n’y avait pas de platines, c’était en 1978, et je mixais sur cassettes. J’utilisais les boutons « pause » et « play« , et je jouais des musiques que j’enregistrais à la radio ou sur un vinyle.  J’ai reçu mes premières platines vinyles à Noël lorsque j’avais 12 ans. C’est à partir de ce moment-là que tout a commencé, j’ai acheté beaucoup de vinyles de Hip-Hop (Run DMC, Busy Bee, Kool Moe Dee, Grandmaster Flash, etc.).

Quel type de musique écoutais-tu à l’époque ?

Beaucoup de RnB et de la disco. La disco était très en vogue pendant les années 76-77-78 ; et c’est à cette période que j’ai commencé à l’écouter, l’apprécier, c’est pourquoi ce style m’a toujours beaucoup influencé.

Comment as-tu développé ton style et ta technique ? Pourrais-tu décrire ton approche.

Grandmaster Flash a sans doute été l’une de mes plus grandes influences. J’ai visionné des tonnes de vidéos mais également un film (Wildstyle) dans lequel il mixe avec deux platines vinyles dans sa cuisine ! Je me souviens que c’était ce que j’avais absolument envie de faire. Je regardais aussi des vidéos de Jam Master Jay en observant le moindre de ses mouvements. Je n’avais personne pour m’expliquer comment faire, je ne connaissais aucun DJ, donc la seule manière d’apprendre était de regarder des vidéos, et travailler seul en m’inspirant de leur style. Le reste est venu avec des heures et des heures d’entrainement ; quand j’étais jeune, je filais à la cave dès que j’avais terminé mes devoirs pour mixer souvent toute la nuit, malgré les réticences de ma mère (rire).

« Je n’avais personne pour m’expliquer comment faire, je ne connaissais aucun DJ, donc la seule manière d’apprendre était de regarder des vidéos, et travailler seul en m’inspirant de leur style »

 

C’est pourquoi tu es aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs ?

Je crois que Dieu m’a donné un talent pour faire ce que je fais, car je n’ai pas de difficulté à mixer, tout me parait très facile (rires). À côté de ça, je travaille toujours chaque son que je joue pour ne plus avoir besoin de réfléchir, pour mixer de manière la plus naturelle possible. C’est comme ça qu’est venue ma technique.


Terrence Parker, alias TP est connu comme le pionnier de la house music également appelé « Inspirational House Music« . Son énergie et son talent en font l’un des producteurs, remixeurs et DJ les plus reconnus de la scène de Détroit. TP a également été largement admiré parce qu’il utilise un téléphone en tant que casque ; ce qui lui a valu le surnom de « Telephone Man« . Au Bellona, il était au bout du fil, et on n’en pas perdu une miette !



Tu joues le plus souvent sur CD plutôt que sur vinyle, pourquoi ?

J’ai commencé à mixer sur vinyle, car c’est tout ce que nous avions à l’époque. Mais une chose m’a fait changer d’avis : j’étais invité à une soirée organisée à Moscou et l’événement était juste après les attentats du 11 septembre. Je n’avais pas enregistré mes vinyles à l’aéroport, et j’ai donc payé 600$ juste pour les prendre avec moi ! Je devais trouver une autre solution après cet événement, et je connaissais des artistes qui jouaient sur platines CD. J’ai alors commencé à pratiquer sur ce support, j’ai beaucoup travaillé et ça a bien marché pour moi.

Avec des vinyles, je peux tenir maximum 4 heures en emportant environ avec moi 150 maximum ; mais avec des clef USB, je peux tenir plus de 2 jours sans rejouer une deuxième fois le même titre ! Toute ma collection est dans ces clefs, je considère donc que la technologie me permet de faire tout ce que j’aime musicalement. Je connais des puristes qui me disent « tu n’es pas vraiment un vrai DJ car tu ne joues pas sur vinyles. » Je leur réponds que je mixais déjà sur vinyles alors qu’ils n’étaient même pas nés (rire) !

« Toute ma collection est dans ces clefs USB, je considère donc que la technologie me permet de faire tout ce que j’aime musicalement. »

Je peux aussi être performant sur vinyle ; mais peu importe la manière de mixer, le plus important est la manière d’utiliser l’équipement. Un jazzman disait « l’important ce n’est pas les notes que l’on joue, c’est l’espace entre elles qui fait la différence« , et c’est la même chose pour un DJ set.

Une autre question à propos de ton style, pourquoi un téléphone plutôt qu’un casque ?

Un de mes amis s’était rendu à Chicago en 1984 pour acheter des vinyles, car à l’époque, les seuls vinyles House se trouvaient là-bas. Il est revenu avec un téléphone, j’ai donc essayé d’en utiliser un aussi car j’ai trouvé ça génial ! Mon père était prof d’électronique, il m’a donc aidé à bricoler un vieux téléphone qui traînait chez moi. Lorsque je l’ai essayé, je me suis dit « wow ! », le son était largement meilleur à celui des casques des années 80.
J’achetais à l’époque un nouveau casque tous les 6 mois car le mix Hip-Hop avait tendance à les abîmer. Le téléphone était donc plus solide, je pouvais le mettre sur mon épaule et l’amener partout avec moi. Voilà la naissance du téléphone, et je ne m’en suis toujours pas séparé !

Terrence Parker – Bellona © Diane Moyssan

Quel a été le meilleur moment de ta carrière ?

Très bonne question. J’ai passé tellement de bons moments…

Pourrais-tu en mentionner un en particulier ?

Si je devais en choisir un, je choisirai ma première fois au Japon. Un promoteur m’avait contacté pour venir jouer là-bas. Il m’avait envoyé un mail m’expliquant qu’il n’avait pas beaucoup d’argent, mais qu’il souhaitait absolument m’inviter, que ça allait être génial, et que les gens attendaient ça avec impatience. Je voulais vraiment découvrir ce pays, alors je me suis « c’est parti !« .

Je me souviens du moment où je suis arrivé dans le club, c’était à l’étage, il n’y avait pas énormément de monde, peut-être 150 personnes, mais la salle était remplie. Quand je suis rentré, tout le monde s’est mis à m’applaudir. Je me suis mis derrière les platines, j’ai posé mon casque, et ouvert mon sac de vinyles ; et là, l’ensemble de la salle s’est mis à crier, c’était juste fou ! C’était un moment très spécial, car c’était la première fois que je recevais un tel accueil et que je provoquais une telle effervescence.

Depuis, j’ai revécu des moments similaires, mais c’était la première fois, et donc le souvenir le plus mémorable. J’ai également vécu d’autres soirées extraordinaires à Lyon, Paris, Berlin, Frankfort, Londres  Moscou


Il y a des rencontres qui vous marquent, d’autres moins, celle-ci aura eu don de celer une parfaite entente amicale et musicale entre le crew Art Feast et Terrence Parker. En 2012, Art Feast Records tout jeune label ne manque pas d’ambition et décide de contacter le producteur américain pour signer le remix de l’un des tracks de l’EP « Stasi Komplex« . Et ça marche ! Twin Futures de Beaner & Pipo Vitch, sur la deuxième sortie d’AFR dévoile tout le potentiel et l’énergie du label.



Comment as-tu rencontré le crew Art Feast ?

Ils m’ont contacté la première fois pour un remix, qui était la seconde sortie sur leur label ; c’est comme ça que nous avons sympathisé.

Peux-tu nous présenter le travail que tu as fait avec eux ?

J’ai fait tellement de remix que j’en oublie les noms. (il cherche quelques secondes) J’ai trouvé ! C’était le remix de « Twin Futures« , il s’agit de la deuxième sortie Art Feast Records, sorti en format digital et vinyle.

Tu dis que tu travailles beaucoup, mais as-tu un jour voulu quitter Detroit ?

J’y ai pensé quelque temps, j’ai même vécu à Las Vegas chez un membre de ma famille, mais c’est la seule fois que j’ai vécu en dehors de Detroit pendant une longue période. Tellement de gens déménagent à Berlin ou autre, et me disent « quand vas tu partir ?« . Je pense que tout est possible, mais je dois me sentir à ma place dans une ville. Pour l’instant, ma vie est ouverte, et si une opportunité se présente, je partirai.

Qu’est-ce que tu penses de Lyon ?

J’adore Lyon ! C’est la cinquième fois que je viens jouer ici, et j’adore cette ville ! À chaque fois que  je viens, les gens me transmettent une telle énergie, c’est vraiment un sentiment agréable car je sens que je peux jouer ce que je veux. Je peux jouer du disco, de la House, de la Funk, Techno, des tracks Hip-Hop… Donc oui, c’est vraiment une ville que j’apprécie.

« À chaque fois que je viens, les gens me transmettent une telle énergie, c’est vraiment un sentiment agréable car je sens que je peux jouer ce que je veux. »

30/09/2016
Art Feast Records présente :
Terrence « TP » Parker all night long 00h-7h


Alice Defond

Rédactrice en chef Make x France
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