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Tour d’Europe des clubs : Bassiani

C’est bien connu les voyages forment la jeunesse, mais à l’heure du tourisme de masse, trouver une destination inédite et innovante peut devenir un vrai calvaire. Alors que l’été touche à sa fin, on a décidé de commencer un petit tour des capitales d’Europe. Loin des parvis remplis d’hordes de touristes armés d’appareils photos, c’est à la nuit tombée que la visite commence.

 Image à la Une : Horoom - Bassiani - William Dunbar - The Calvert Journal

En effet cela ne vous aura pas échappé, au-delà d’une histoire exceptionnelle et de lieux époustouflants, la vie nocturne des capitales du vieux continent n’est pas en reste. Désormais impossible de ne pas prévoir une halte dans le club incontournable de la ville !

Pour cette première, cap à l’est ! De l’autre côté de la mer noire, dans la capitale géorgienne Tbilissi, le nom de Bassiani résonne dans toute l’Europe et bien au-delà.


Bassiani - Resident Advisor 

Comme à Berlin en d’autres temps, son quotidien est encore hanté par le spectre du régime soviétique et les 25 ans de guerre que le pays a subi. Bassiani apparaît alors comme un nouvel eldorado. En 2014, le projet prend vie grâce à Tato Getia, Zviad Gelbakhiani et Naja Orashvili. Dès l’ouverture le ton est donné, le club aura pour objectif de lutter contre des politiques anti-drogues répressives et contre l’homophobie ambiante.

Afin de lutter contre cette homophobie omniprésente dans la capitale, comme dans tout le pays, Bassiani lance les soirées queer Horoom, gratuites et ouvertes à tous les genres. Le système d’inscription au club permet de filtrer la population et offre alors un espace dans lequel chacun peut se sentir en sécurité.

La clientèle est alors non seulement géorgienne mais également russe, allemande, néerlandaise ou encore française. Les habitués du Berghain, de De School ou encore About Blank affluent pour profiter du dancefloor géorgien.

La politique des forces de l’ordre en matière de consommation de drogues restent l’une des plus répressive d’Europe. Dans une interview à THUMP, Zviad Gelbakhiani et Tato Getia révélaient que les peines de prisons étaient monnaie courante et ce pour des délits de consommation.

S’il devait être un symbole de l’underground en Géorgie se serait Bassiani. Dans les sous-sol du stade de football Dinamo Arena, le son résonne depuis maintenant presque 15 ans. Equipé d’un système son signé Funktion One et Void Acoustics, ce club à deux scènes peut accueillir jusqu’à 900 personnes, il est clair qu’à Bassiani on mise sur la qualité !

S’en ressentent les sets des DJs. La programmation n’a rien à envier à ses homologues européens, outre les plus grands DJs d’Europe ou du monde, une petite quinzaine d’artistes ont une résidence au sein du club. En ligne, les podcast sont désormais nombreux et leur page Soundcloud cumule plus de 12 000 abonnés.

| La guerre a commencé.

Dans la nuit du 11 au 12 mai dernier, alors que la soirée battait son plein, la police faisait irruption sur le dancefloor, arrêtant une soixantaine de personnes dont deux fondateurs du club. Officiellement, ce raid est la conséquence directe d’une série d’overdoses survenues dans les semaines précédentes, or ces overdoses n’avaient pas eu lieux dans l’enceinte du club. Dès le lendemain, la jeunesse géorgienne organisait une manifestation aux allures de rave party devant le parlement pour protester contre les politiques répressives auxquelles se heurtent n’importe quel acteur du monde de l’électronique.

De nombreux DJ, habitués ou non du DJ booth géorgien, apportaient alors leur soutien aux manifestants. Fin mai, Bassiani rouvrait alors ses portes et les fondateurs étaient libre.

«  Ravolution » à Tbilissi, la techno version politique - ARTE - 21/09/2018

Louise Damezin

Rédactrice Make x France
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