tale of us
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Tale Of Us, d’une love story italienne au succès mondial !

Un son unique, une esthétique remarquée, un label en pleine explosion… on serait presque à court de superlatifs lorsqu’on évoque le succès que rencontre Tale Of Us depuis leur première sortie minimal sur Baracca Music en 2010. Les deux Italiens, rencontrés sur les bancs de l’école, ont réussi, en moins d’une dizaine d’année, à devenir des incontournables de la scène électronique à la fois en tant que dj, producteur, gérant de label et promoteur.

Photo prise durant Cercle invite Tale Of Us @ Aéroport Charles de Gaulle


Carmine Conte et Matteo Milleri

A gauche, Carmine Conte et à droite, Matteo Milleri

L’histoire d’amour commence à Milan par une amitié entre Carmine Conte et Matteo Milleri, le premier était engagé dans des études de droit quand le second penchait plutôt pour l’économie. Rien donc ne les destinait ni à se rencontrer, encore moins à produire de la musique électronique ensemble. Ainsi, alors que Matteo a grandi à New York avant de continuer ses études en Italie, Carmine, lui, est né à Toronto, avant de s’établir assez jeune, à Milan avec ses parents, où il pratiquera notamment le piano et nourrira ses premiers amours avec la musique par le prisme de la musique classique.

Malgré des parcours différents, le rejet de leurs études et leur passion commune pour la musique permirent à Carmine et Matteo de se rencontrer sur les bancs d’une école de musique milanaise. Fort d’une amitié rapide et profonde, les deux amis fondent Tale Of Us, à savoir une certaine conception de la musique comme vecteur d’émotions et d’amour, vecteur qui se retrouve dans chacune des histoires présente dans chacun de leurs titres.

Malgré des inspirations bien différentes, une conception commune de la musique les a uni, celle qui vous pousse à apprendre le piano tant l’intensité d’un concert de musique classique vous a surpris et charmé (ndlr : histoire vraie de Carmine alors âgé d’une dizaine d’années).

Leur premier EP, Upon A Time, une sortie de 2010 très minimal

Après la formation du duo, c’est la rencontre avec Seth Troxler qui changera sûrement à jamais la vie des deux Italiens. De passage à Milan, le gérant du célèbre label Visionquest tombe sous le charme du remix de Thugfucker réalisé par les deux compères. Après un weekend passé ensemble, le natif de Detroit leur propose de signer un premier EP sur son label. C’est le début de la success story. La suite, c’est un déménagement à Berlin puis la création de leur label, Life & Death, avec Thugfucker et Dj Tennis. Le label leur permet à la fois de rester maître de leurs productions, tout en signant des gros noms qui participeront à la renommée du label ainsi que du duo et qui leur permettra surtout de poser les premières pierres de leur signature musicale, aujourd’hui mondialement connue. On parle des débuts de Recondite, de Mind Against ou du vétéran Steve Rachmad.

Tale Of Us Afterlife

Une esthétique fidèle à la signature musicale, sombre et envoûtante

Si la techno mélodique, à la fois implacable et mélancolique est aujourd’hui associée au nom de Tale Of Us, c’est le fruit d’un travail de longue haleine.

Si les débuts du duo sont d’abord tournés vers la minimal, ils s’orientent ensuite très vite sur la deep house, notamment avec Dark Song, sorti sur Visionquest en 2011. Après quelques hésitations donc, c’est véritablement Another Earth, sortie en 2013 sur Minus, le label de Richie Hawtin, que se forme l’identité musicale de Tale Of Us, c’est-à-dire une techno percutante, accompagnée d’une mélodie envoûtante. Ensuite, la confirmation arrive deux années plus tard avec deux sorties, North Star, sur l’iconique label R&S records, puis Astral, sortie sur leur label Life&Death, en collaboration avec le jeune duo Mind Against.

A partir de là, l’identité Tale Of Us est installée. Le décor, à la fois doux et sombre, est planté. Manque alors plus que le trône pour asseoir les deux Rois. Ce trône, c’est la lancée, courant 2016, de leur nouveau label Afterlife.

Glutes de Patrice Baumel, sortie en 2017, a fait chavirer les coeurs

Un nouveau label en forme donc de confirmation mais aussi de limite. C’est d’abord une confirmation donc, que dis-je une explosion.

Le label de “l’homme à la tête en bas” s’est imposé comme la navette qui finira d’envoyer le duo italien dans les étoiles du succès.

Un succès commercial d’abord, parce qu’après avoir imposé leur signature musicale, Tale Of Us a réussi le tour de force d’imposer sa marque, par l’intermédiaire d’un emblème, cet homme renversé, que l’on retrouve à toute leur soirée et sur tout leur produit dérivé. Un succès en tant que promoteur aussi qui s’est exporté d’abord à Ibiza (et leur fameuse résidence au Privilège en 2017), puis à Amsterdam, New York, et tout autour du monde par la suite. Un succès musical également, forcément même, avec la signature des grands noms de la techno, et la sortie d’une vingtaine d’EP et trois albums. On compte notamment l’EP Glutes de Patrice Baumel, Strand de Stephan Bodzin ou encore, plus récemment, le nouvel album d’Adriatique, Nude.

Regardi, sortie sur leur album Endless, une ode à la spiritualité et aux
paysages infinis

Cependant, avec la réussite, les critiques pleuvent aussi. En effet, la machine Afterlife/Tale Of Us, si elle rassemblait au départ, divise et dérange aujourd’hui. La sur-utilisation de l’unreleased pendant leurs sets, pour teaser les sorties à venir, exaspère. La techno mélodique semble s’essouffler. La sur-commercialisation du label, et des produits dérivés autour, semble avoir pris le pas sur le côté artistique et innovateur.

Pourtant, il ne faut pas enterrer Tale Of Us trop vite, ces derniers sont encore plein de ressources. 

Il n’y a pas de meilleur réponse que la sortie surprise de leur premier album sur le label allemand Deutsche Grammophon, spécialiste de musique classique. 

Ce dernier oscille parfaitement entre les inspirations classiques de Carmine, le côté ambient de certaines bandes originales de film, et bien sûr, la si évidente et reconnaissable signature musicale du duo. D’ailleurs, les deux amis ne s’en cachent pas, l’avenir d’Afterlife sera dans les collaborations entre les mondes de la musique électronique et celui de la musique classique, le monde des clubs et celui des salles de concert, comme dans les interactions avec le milieu de la mode ou celui du design …

Affaire à suivre donc car Tale Of Us, ils le promettent, n’a pas fini de vous faire danser ! 

Ils seront au Transbordeur le 17 novembre 2018, avec Agents of Time ! 

 

Cercle invite Tale of Us @ Aéroport Charles de Gaulle

Léo Paget-Blanc

Rédacteur Make x France
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