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Une écoute de Fréquence(s) de Madben un samedi matin

Madben a sorti son album en avril dernier, après trois années de travail acharné. On peut maintenant prendre le temps de savourer ce projet, un mois après sa sortie. En effet, après le chaos organisé des Nuits Sonores, la liste des 23 de l’équipe de France, et le mariage royal anglais, votre serviteur va enfin pouvoir se poser et vous donner son avis aiguisé sur la musique de Madben. 


Note: précisons qu’aucune écoute préalable de l’album n’a été faite. il est 11h09 du matin, j’ai un peu trop joué à l’alcool hier soir, mon café est brûlant (mais pas trop) et mon chat veut taxer le lait de mes Kellogs Chocotrésor. Par chance, un soleil éclatant se loge au dessus de moi, j’enfile donc mon casque et procède à l’écoute de « Fréquence(s) » en peignoir sur mon balcon.

Tout commence très bien. L’intro « Space Bubles » me fait penser à un mélange de jeu vidéo Futuriste Playstation 1, avec des lourdes basses en plus et l’horrible côté Eurodance en moins : agréable donc. C’est sombre, mais en même temps assez doux (comme mon café).

Le second son s’appelle « Mouvement Circulaire »… Avec un titre pareil je me dis que cette musique à 100% de chance d’être bonne et comme l’a dit le philosophe Booba: « les hommes mentent mais pas les chiffres« . Cependant je ne vous mentirai jamais fidèles lecteurs, et c’est dur d’avoir un taux d’échec sur 100% de réussite. Ce son m’a stressé, mais dans le bon sens du terme ! Note pour mes amis Disc Jockeys : vous me mettez ça dans votre prochaine tracklist en club, ou je serai dans l’obligation d’intervenir.

« Narcotica » est la troisième musique de l’album. On reste dans une techno plutôt sombre, avec ces sons angoissants qui pourraient sortir d’un hangar « abandonné » où des petits malins auraient organisés une rave sauvage. C’est excellent. Je crois que même mon chat bouge la tête. On note l’ajout de quelques sons plus nobles, « violons électro », qui ne sont pas sans nous rappeler de grands noms du game comme Laurent Garnier.

« Après l’obscurité vient toujours la lumière« : adage de mon arrière grand-mère, de Jésus ou de ton pote ivre mort à 4h du matin quand tu t’es fait largué par ta meuf, la track « Mg’s Groove » illustre néanmoins parfaitement ce proverbe. Madben garde ses sonorités techno mais pour dépeindre une musique plus house. C’est très agréable, ça allège l’album qui nous faisait transpirer jusque ici. Du beau jeu ce Madben, assurément. La track est longue mais passe vite, j’ai le temps d’ouvrir ma boite mail en gigotant comme un saumon dans une rivière.
Après ces instants de planage house, « Reminiscence » nous replongera dans les sous terrains de la techno de Madben. On retrouve à nouveau des sonorités très 90’s de playstation ! Bordel j’ai envie de me refaire un Crash Bandicool maintenant. Mais Franprix ne vend pas ce type de biens…

La techno sombre, pas souvent loin de l’industriel même, est donc l’élément de Madben. Les sons suivants de l’album « Don’t Lose The Beat« , « Stripes » et « The Struggle » en sont les meilleurs exemples.

Sérieux, il est 11h40 et j’ai envie de me perdre une fois de plus par une nuit chaude dans un club quand j’entends des sons comme ça.

A côté de cette frénésie, on retrouve à nouveaux des morceaux techno plus calmes, plus nobles, ou le son mets plus de temps à se mettre en avant. « Tom & Tom » est incroyable à ce niveau là. C’est officiel : c’est ma track préférée de l’album. La musique part doucement pour monter en puissance, par le biais de sons qui s’ajoutent au fur et à mesure que les secondes s’écoulent. Ça me rappelle un peu les sonorités de Blade Runner 2049… Eh oui, ça explique tout du coup. Par contre ça n’explique pas le fait que le café froid c’est dégueulasse : j’aurais dû le finir chaud au lieu de savourer ce son.

Ce sera d’ailleurs dans le calme que l’album arrivera à son terme avec « Lunar Park« . Les sons techno à la limite de la cheap tune amènent une belle conclusion. Les violons me portent, je ne suis plus dans le 7ème arrondissement de Lyon dans un appartement de type cage à lapins : j’ai l’impression d’être sur une bateau au large d’une magnifique île…


Conclusion: il est 12h29, j’hoche la tête en rythme avec les basse de « Tom &Tom » que je me remets dans les oreilles pour la troisième fois. Cet album est excellent. Outre le fait que mon collègue me l’ai très bien vendu, le son de Madben m’a définitivement conquis. On sent le travail derrière les 11 plages de l’album : les trois années de production indéniablement. Ma journée ne pouvait pas mieux débuter : il ne manque plus qu’une bière fraîche apparaisse devant moi comme par magie et que mon chat nettoie tout seul sa mauvaise litière et le monde n’aurait jamais été aussi beau. La dernière venue de Madben à Lyon était en février aux Nuits Zébrées et je l’avais bien raté comme une énorme blaireau : impossible maintenant de commettre à nouveau la même erreur.


Vladimir Colovray

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