hugo bernatas
chroniques  /   / 

Lyon & le skate, une histoire d’amour vue par Hugo Bernatas !

Dans notre monde moderne connecté, certaines grandes vérités ont force de loi de nos jours : Lyon est la capitale mondiale de la gastronomie, Lugdunum est le berceau du cinéma, la capitale des Gaules est le véritable épicentre de la France, bien que Paris prétende inlassablement le contraire. Parmi toutes ces affirmations irréfutables, il y en a une qui tient particulièrement à cœur la rédaction de chez MX : Lyon est la ville française qui a la plus belle scène skate de notre pays. Cet article est un hommage à notre cité et au travail d’un réalisateur y résidant, Hugo Bernatas qui ne cesse de filmer les planchistes dans les neuf arrondissements de la cité des Gaules.


Soyons un peu plus sérieux, mais reste que ce que nous avons dit plus haut est vrai : la scène skate lyonnaise est l’une des plus vieille de France et certainement la plus respectée. Elle a toujours eu des têtes d’affiches mondiales dans le milieu, que ce soit au niveau des riders avec Jérémie Daclin, JB Gillet ou encore Flo Mirtain mais aussi des réalisateurs/photographes avec en fer de lance le légendaire Fred Mortagne. Pour sa part, Hugo Bernatas n’est pas un natif de Lyon : il est arrivé dans notre ville il y a six ans. Originaire de Villiers-sur-Loire (même Gougueule Map galère à trouver), non loin de Tours, il a débarqué dans notre belle commune pour terminer ses études de cinéma. Déjà passionné de skateboard et de réalisation, il commence naturellement à rencontrer toute la scène locale en sillonnant la ville.

Avec une connaissance de Tours, Quentin Alves, Hugo commence à filmer la ville de Lyon par le prisme du skateboard.

Le résultat sera la première Some Street Frames en 2016.

Le projet de base était donc juste un délire de passionné : filmer du skateboard et des potes dans une belle ville. Celui-ci a pourtant bien germé et une suite naturelle s’est mise en chantier sans que personne ne s’en rende compte. Hugo a continué à shooter tous les skateurs qu’ils côtoyaient session après session.

Car oui, il est important de préciser qu’il n’y a aucune démarche professionnelle ambitieuse comme filmer un skateur connu sur un spot connu : tout s’est fait au feeling, au « feel-good » comme pourrait le dire les êtres humains pédants d’une start-up vouée à l’échec, à la crise économique et au trépas de la vie.

Pour rendre une image toujours plus travaillée, Hugo a conservé l’esthétique sobre en noir et blanc de la première vidéo. Sa connaissance devenu amie, Quentin Alves l’a aidé pour faire les dessins présent dans la seconde vidéo. Hugo va également rendre hommage à la photo dans ces vidéos en incorporant un cadre blanc qui rappellera l’élégance d’une belle photographie. Ce rendu brut impressionne au premier coup d’œil et pose une image noble de la ville de Lyon. Le but du filming de monsieur Bernatas est de retranscrire la scène skate locale, sans se concentrer sur un seul spot célèbre.

On va passer du quartier de la Part-Dieu à Charpennes tout en passant par la place blanche de Bahadourian à Foch en revenant à HDV. On veut filmer le plus possible Lyon et toute la diversité de ces spots.

Hugo veut toujours plus aller à la rencontre des skateurs de la ville et ne pas rester concentré que sur les mecs hypes au moment de la sortie de la vidéo. La seconde Some Street Frames sort donc courant 2017 et s’il y a un truc de totalement sûr, c’est que nous avons été totalement marqué par la perfection de ce projet. Entre la brutalité du skatebaord et cette track de Rendez Vous, notre cerveau a explosé. Du très beau travail.

Il est temps de s’arrêter un moment sur la musique, car sinon on risque de définitivement se perdre à nouveau dans le love infini que nous avons pour la planche à roulettes et son univers incroyable fait de pulls Palace/Supreme trop chers et de pantalons de clowns trop courts !

En effet, la musique a toujours eu une place très importante dans une vidéo de skate. Pour beaucoup de monde (nous compris) elle est quasiment aussi importante que les figures à l’écran et le montage. L’ambiance d’une vidéo est en très grande partie du au choix musical. Si une musique est pourrav, ne colle pas à l’image ou au skateur à l’image, la vidéo sera gâchée, malgré le fait que ce que l’on voit à l’écran soit incroyable. Pour les trois éditions des Street Frames, Hugo a sélectionné une playlist totalement Coldwave, qui colle à la perfection à l’esthétique noir/blanc des vidéos.

Historiquement le skateboard a toujours parfaitement fonctionné avec ce courant musical : Joy Division ou encore New Order en tête d’affiche évidemment. Hugo est un adorateur de cette période musicale dorée du rock ou il était possible d’exprimer sa dépression tout en ayant l’air cool ! A noter que la coldwave fait parti de ces styles qui ne vieillissent définitivement pas depuis leurs apparitions (comme la funk ou la musique classique par exemple). Même si elle parait un peu morose, la coldwave donne une sacrée pêche quand on l’écoute et comme le dit lui-même le réalisateur: « elle donne un peu envie de se suicider, mais avec le sourire ! ». Le choix musical de Boy Harsher dans la toute dernière Street Frames 3 finit donc en beauté la trilogie en noir et blanc du skateboard Lyonnais vu par Hugo Bernatas.

Après ces trois projets réalisé par amour pour la planche à roulettes, mais aussi pour la ville dans laquelle il réside depuis, Hugo va naturellement continuer a filmer du skateboard dans la capitale des Gaules. Quelle forme cela prendra-t-il ? Optera-t-il pour la couleur ? L’avenir nous le dira.

De ce que nous avons pu comprendre, il veut maintenant partir vers une image toujours plus proche de la photo, du cinéma.

Des cadres plus grands faisant respirer toujours plus l’environnement qui entourent le skateur, voir la ville si on est chauvin comme moi. Élargir le cadre, ce qui manque toujours à de nombreuses vidéos de skate qui se focalisent uniquement sur la figure ou le planchiste. Dans tous les cas, on a hâte de voir ce que monsieur Bernatas va nous proposer dans l’avenir. Roll forever Hugo !

 

 


Vladimir Colovray

voir ses articles
+chroniques
Chroniques  /   /  Gauthier Louison

John Hamon, ou l’histoire d’un faciès inconnu devenu célèbre

On a tous croisé au moins une fois la face de John Hamon au coin d’une rue. Celui qui est devenu désormais le roi de ce qu’il nomme lui-même, l’art promotionnel, s’est fait observé sur les deux silos du Sucre en septembre (oui on est un peu en retard). Un lieu bien connu de nos […]

tale of us
Chroniques  /   /  Léo Paget-Blanc

Tale Of Us, d’une love story italienne au succès mondial !

Un son unique, une esthétique remarquée, un label en pleine explosion… on serait presque à court de superlatifs lorsqu’on évoque le succès que rencontre Tale Of Us depuis leur première sortie minimal sur Baracca Music en 2010. Les deux Italiens, rencontrés sur les bancs de l’école, ont réussi, en moins d’une dizaine d’année, à devenir […]

Chroniques  /   /  Vlad Colovray

Brodinski : de la techno française à la trap d’Atlanta

Mais qui est-il vraiment ? Tout le monde connaît son nom mais peu de monde comprend vraiment l’ampleur du personnage. De la techno à la trap d’Atlanta, le disc jockey/producteur Brodinski affole toutes les machines qu’il effleure depuis maintenant 10 ans. Parti depuis quelques années au royaume de l’obésité et des armes à feu, Lyon aura […]

Dr. Rubinstein
Chroniques  /   /  Aloïs Veteau

Dr. Rubinstein : pour l’amour de la danse

Pas de jaloux ! Si la première soirée Welcome de la saison était placée sous le signe de la house music et du groove, la deuxième sera résolument techno puisque c’est Dr. Rubinstein qui s’occupera de satisfaire les amateurs de gros kicks dans la grande salle du Petit Salon ce samedi 13 Octobre. On revient avec […]

SUIVEZ-NOUS