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La Trap au sommet ? Revenons à la base

Chez MX, nous aimons la musique, mais ça, vous le saviez déjà. Voilà pourquoi nous nous intéressons à tous les genres qui marquent notre temps. Aujourd’hui, on va vous parler de la Trap. Voici un état des lieux d’un style qui ne cesse de révolutionner l’industrie musicale depuis son explosion il y a près d’une décennie.


Plutôt que de commencer un état des lieux ennuyant de la Trap actuelle sans expliquer ses fondements, nous allons tenter de vous présenter cette musique, d’expliquer ses codes et ses influences. Pour cela, concentrons-nous sur leur pays d’origine, les États-Unis, et plus particulièrement sur la ville d’Atlanta. Mais attention ! Le hip hop français n’est pas oublié pour autant, on vous en parlera plus souvent à l’avenir. 

 

Messages aux lecteurs : N’hésitez pas à cliquer sur le noms des artistes qui vont suivre. Il y a des surprises. N’hésitez pas non plus à vous rendre sur les pages Genius des artistes pour avoir leurs œuvres complètes.

 

Alors la Trap c’est quoi au final ?

Essayer de définir un genre musical a toujours été casse gu**le ! Si l’exercice était si simple, notre description de cette musique serait la suivante : Une mélodie sombre, des basses bien grasses, des hats énervés (charleston), et des nappes folles de synthé. Mais c’est loin d’être la vérité tant le genre est devenu riche et puissant depuis son explosion au début des années 2010. Avant de tout renverser dans l’industrie musicale, la Trap s’est fait les dents au sein du marché de son géniteur, le hip hop. C’est d’abord avec ce style qu’elle a commencé à révolutionner les codes. Aujourd’hui, les beats Trap sont quasiment devenus la norme du hip hop et même de la pop. Il suffit d’écouter les albums des popstars actuelles pour se rendre compte du poids qu’a pris cette musique dans l’industrie. La Trap est aujourd’hui un genre à part entière qui a ses propres courants internes.

 

La culture Trap 

Le mot Trap signifie « piège » en français. Mais le terme Trap fait davantage écho à la notion de « trou » assimilable aux ghettos du sud et de l’est d’Atlanta. La drogue, la pauvreté, la mort. Voila le quotidien de ces jeunes qui n’ont guère autre chose que le sport, la musique ou la criminalité pour échapper à leur réalité. Les Trap houses sont d’ailleurs un moyen de combiner les deux derniers. Ce sont des maisons de deal où l’on cuisine le crack (cookin’). L’argent du deal sert à financer l’achat d’équipement pour produire et enregistrer la musique. Bien que ce soit l’origine du terme, tous les artistes Trap n’ont pas utilisé le même business plan. Ne tombons pas dans le cliché. C’est par contre dans ces conditions de vie que l’essence même du courant prend racine.

C’est cette débrouillardise, ce combat, ce hustle, qui donne cette envie de réussite aux artistes issus de ce monde. Cette envie d’enfoncer toutes les portes. Réussir ou mourir n’est pas qu’un simple film de 50 cents, c’est trop souvent tout le paradoxe de ces milieux.

C’est cette débrouillardise, ce combat, ce hustle, qui donne cette envie de réussite aux artistes issus de ce monde. Cette envie d’enfoncer toutes les portes.

Atlanta police districts

La drogue tient une place importance dans l’univers Trap, et ceci s’explique par l’histoire d’Atlanta. C’est tout d’abord le point de ralliement de toutes les lignes ferroviaires du pays avant d’être une jonction d’autoroutes. C’est une ville de passage qui favorise l’expansion du trafic de drogue. Une ville très étendue où résidences de luxe et projects (HLM) peuvent se tourner le dos.

Derrière le succès d’une musique, il y a souvent la culture d’un milieu.

Au delà du simple attrait musical, il y a l’attitude, les codes vestimentaires, la manière de parler, etc.

C’est souvent tout ce qu’il y a autour de la musique qui fait que les masses s’identifient à un nouveau courant musical.

Au départ 100% underground, la Trap est aujourd’hui devenue quasiment mainstream. Ce n’est pas pour autant qu’elle deviendra la nouvelle Pop. Mais les bases de cette musique sont aujourd’hui bel et bien utilisées par les artistes les plus populaires de la planète. Preuve à l’appui, il y a aujourd’hui une quinzaine de chansons labellisées Trap (ou qui utilisent ses codes) présents dans les 50 titres les plus écoutés au monde du classement Billboard 2018.

 

Du hood d’Atlanta, aux oreilles du monde entier

Atlanta, Georgia, USA

Comme tout courant artistique, la Trap a une origine géographique précise, mais des influences diverses qui lui ont permis de se créer une identité forte et bien définie. Elle prend racine en Géorgie, et plus particulièrement dans la banlieue d’Atlanta, mais elle reste influencée par la musique de l’ensemble des états du sud des États-Unis. Et qui dit hip hop du sud, dit forcément Dirty South. Pour comprendre la Trap, il faut donc connaitre le Dirty South.

 

Pour comprendre la Trap, il faut d’abord connaitre le Dirty South

 

Dans les années 1990, alors que New York a le Boom Bap, le rap conscient, le jazz rap,… et Los Angeles, le Gangsta Rap et la G-Funk, les états du sud n’ont alors pas encore leur courant attitré au sein du Hip hop. Les DJ’s et rappeurs du sud se créent alors petit à petit leur propre identité musicale. Allant de Miami, à Houston en passant par Atlanta, Memphis ou encore la Nouvelle Orléans, le Dirty South conquiert d’abord le sud du pays avant de se propager à l’échelle nationale, puis mondiale. Hormis son essence hip hop, le mouvement s’inspire de la culture Pimp (proxénète), le funk et la musique noire en général, chère aux états du sud. Il reste cependant une notion à placer au dessus des autres : le sentiment d’oubli. Les états du sud étant historiquement moins développés que ceux du nord, les ghettos de leurs grandes villes sont par conséquence davantage abandonnés par la société américaine. C’est cette marginalisation qui a probablement déclenché un besoin de création artistique chez les jeunes de ces zones. Et qui a permis au style de se pérenniser par la suite.

Mais alors pourquoi parler de Dirty South quand on parle de la Trap ? Tout simplement parce que la Trap s’est inspirée de toutes les variantes du Dirty South pour définir sa propre identité. Elle a puisé chez les paroles crues de 2 Live Crew à Miami. A Atlanta, elle a pioché dans l’ouverture d’esprit musical d’Outkast et le génie d’Andre 3000. Mais aussi chez Goodie Mob et Organized Noize. Elle a pris de la précocité des Geto Boyz et du Chopped and Screwed de DJ Screw à Houston. Et elle a énormément emprunté au Crunk de Three 6 mafia, et particulièrement  à Juicy J, à Memphis.

A la fin des années 1990 et le courant des années 2000 on voit apparaitre des rappeurs/producteurs comme T.I et son label The Grand Hustle à Atlanta. La ville voit se développer dans le même temps un certain Young Jeezy. A Miami, il y a Rick Ross et Maybach Records. Lil Wayne et le label Cash Money Records de Birdman s’empare à la même époque de la Nouvelle Orléans. Un petit peu plus tard, c’est Gucci Mane (Atlanta) qui prend le relais.

Tous ces noms sont aujourd’hui des exemples pour les artistes Trap.

Le Dirty South voit son succès apparaître en parallèle des autres styles de rap qui émergent dans le reste du pays dans le courant des années 1990. Un sentiment d’appartenance fort se développe alors chez les artistes et fans de ce nouveau courant. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils sont en marge de ce qu’il se fait. Les jeunes des ghettos des états du nord sont catégorisés « cool » par le monde de la musique new-yorkais, avec la culture du sample, le rap conscient et les structures rythmiques élaborées. De leur côté, les rappeurs du Sud catalogués « ghetto’ s rednecks » par le même milieu, cassent les codes en laissant des pauses plus longues entre leurs phases, ou en utilisant des flows moins complexes et plus entêtants. La culture du sample y est moins développée. Les DJ’s et producteurs optent plus souvent pour des sessions lives avec des musiciens Blues, Soul ou Funk. Comme c’est le cas avec Organized Noise, le mythique trio de producteurs associés à Outkast et toute la Dungeon Family, qui en a fait sa marque de fabrique au milieu des 90’s.

On y trouve aussi un bon paquet d’influences Funk. Comme pour tout ce qui touche de près ou de loin au hip hop généralement. Musicalement parlant bien sur, mais aussi au niveau vestimentaire. Beaucoup d’artistes assimilés Dirty South empruntent au look Funk. On comprend rapidement l’analogie lorsque l’on compare les styles de George Clinton de Parliament Funkadelic, d’Andre 3000 d’Outkast, de Lil Wayne et de Young Thug. Quatre différentes générations avec des styles clairement reliés, que voulez-vous, la mode est cyclique.

Parliament Funkadelic

Parliament Funkadelic

Outkast

Outkast

Lil Wayne

Young-Thug

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces inspirations stylistiques communes s’expliquent par la forte présence de la culture pimp dans les ghettos américains des années 70 et 80. Période de création du hip hop et âge d’or du Funk. On retrouve encore beaucoup de similitudes chez les artistes Trap d’aujourd’hui.

Il y a toujours ce même gout pour l’extravagance, la couleur et le clinquant. 

Toutes proportions gardées, bien évidement. Entre les chaines et autres bijoux, les grosses lunettes et les dreads colorées, on retrouve un bon nombre d’influences de look Funk des 70’s.

Le Walk it Talk It de Migos et Drake est en cela un clin d’œil au show mythique des années 1970 Soul Train et à la culture afro-américaine en général. Mais fermons cette parenthèse fashion pour revenir au cœur du sujet. La musique.

 

Three 6 Mafia : l’influence n°1

 

Comme déjà affirmé précédemment, la Trap est le produit de multiples influences dont la plus importante est celle du Dirty South. L’une des plus grosses influences des « trappistes » reste sans aucun doute Three 6 Mafia. Le trio  mythique de Memphis composé de l’icône de la culture Trap Juicy J, de DJ Paul et de Lord Infamous. Les nombreuses collaborations de Juicy avec les plus beaux noms de la Trap actuelles montrent l’énorme influence qu’il a pu être pour l’ensemble du courant. On le retrouve d’ailleurs en 2016 sur le banger : Yamborghini High en featuring avec A$AP Rocky et l’A$AP Mob.

En septembre 2018, il apparait en duo avec Travis Scott sur l’hypnotique Neighbor. Une troisième collaboration entre les deux artistes après les titres Wasted, sortie sur Rodeo, le premier album de Scott. Et No English, sortie sur l’album de Juicy J, Rubba Band Business : The Album.

Outre l’immense influence de Three 6, on distingue aujourd’hui plusieurs chefs de file en terme de Trap pure. Et bizarrement, pratiquement tous viennent d’ATL (Atlanta). Il y a bien évidement Gucci Mane. Le seul et l’unique. Désormais plus en retrait, il est considéré comme le « Trap God » par l’ensemble de la culture. Hormis le fait qu’il soit considéré comme celui qui a ouvert la première porte, il a fondé son propre label 1017 Brick Squad Records. C’est notamment avec ce label qu’il a lancé la carrière de nombreux noms aujourd’hui mondialement connus.

L’autre grande figure du mouvement n’est autre que Future. Respecté par ses ainés, reconnu par ses pairs et adulé par ses petits frères, le Wizard (nom de son dernier album), est l’un des artistes les plus prolifiques de la planète. En terme de groupe, Migos est le plus écouté actuellement. Les carrières solo de Quavo et Offset confirment qu’ils sont à leur place en haut du classement. On retrouve 21 Savage, qui explose toutes les attentes depuis 2016 et son premier projet Savage Mode et qui vient de franchir un cap avec la sortie de I am >I was en fin d’année. Mis en avant par son ainé Rich Homie Quan, Young Thug a lui aussi grandement participé à l’explosion du mouvement Trap entre 2013 et 2016. Il y a également Travis Scott ou Jacques pour les intimes, qui au delà d’être un rappeur, est un artiste atypique hyper-créatif. Enfin n’oublions pas de mentionner le fameux Peewee Longway, figure locale importante de la culture Trap, qui a grandement participé au début de son expansion à Atlanta.

En ce qui concerne les nouvelles têtes actuelles, les Gunna, Lil Baby, D.A Baby, Shoreline MafiaKodak Black, Smokepurpp, Playboi Carti, Juice WRLDRich The Kid et les autres ont toutes les cartes en main pour assurer correctement la relève et inspirer d’autres générations après eux.

Impossible de conclure sans mentionner des noms comme Kendrick Lamar, Meek Mill, J .Cole ou encore Drake.

Au top du hip hop mondial, ce ne sont pas pour autant des artistes assimilés au son Trap au départ. Ils le sont forcement dans un sens aujourd’hui puisque ce sont les beats Trap qui dominent le rap actuel.

Pour faire en sorte qu’un courant musical se pérennise, il faut que les fans puissent s’identifier à leurs artistes préférés. Pour cela, l’outil numéro un des rappeurs reste l’attitude. Sans charisme, il n’y a pas de rappeur.

Le rappeur est une sorte de demi dieu pouvant soulever les foules, ou lancer une nouvelle tendance du jour au lendemain. Il se sert souvent de sa position et de sa notoriété pour faire passer des messages. Pour soutenir ou s’opposer à une cause. C’est donc lui qui est au centre de toutes les attentions. Mais justement, attention ! Bien que de nombreux rappeurs issus de la génération DIY (do it yourself) sachent aujourd’hui tout faire, de la production à la promotion, tout projet musical qu’il soit ne peut pas être l’œuvre d’une seule et même personne. C’est là qu’interviennent les producteurs

 

Les architectes du son Trap

Au dessus des hommes, il y a avant tout la musique. C’est le son de la Trap qui fait l’identité de l’ensemble du mouvement. Comme a sûrement dû dire un philosophe chinois il y a 3000 ans : « Ce sont les fondations qui permettent à la construction de s’élever ». Derrière cela, il y a les producteurs bien évidemment. Le hip hop a été créé par des DJ/producteurs, et il est toujours régi par le travail de ces derniers. Sans producteurs, pas de musique. Sans musique, pas de rappeurs. Sans rappeurs, pas de lyricsSans pierres, pas de palais. Et vous connaissez la suite…

Depuis l’invention du hip hop, les DJs ont une importance considérable. Sans eux, pas de rap. Ce sont eux qui ont en premier pris le micro pour chauffer les danseurs pendant les transitions. C’est d’ailleurs de là que vient le terme MC, Master of Ceremony. Maitre de cérémonie en français, pour les copains en galère avec la langue de Shakespeare. Les DJ’s ont peu à peu troqué les clubs et les platines pour les studios et les consoles. Ils se sont au fil des années mués en producteurs. Leurs noms étant souvent placés à côté de celui du rappeur sur les pochettes de disque, certains d’entre ont atteint des niveaux de popularité monstre à New York pendant les 80’s. Des noms comme Grandmaster Flash, DJ Kool Herc ou encore Scott La Rock ont suivi ce chemin.

C’est sur ces exemples que des noms légendaires comme DJ Premier, DJ Jazzy Jeff, RZA, Dre, Q-tip et Ali Shaheed Muhammad, Organized Noize, J DillaPete Rock, Marley Marl, Erick SermonLarge Professor, etc, ont placé le hip hop sur le toit du monde dans les 90’s. Dans les années 2000, la relève des Kanye West, The NeptunesTimbalandMannie Fresh et les autres a consolidé la place du hip hop dans l’industrie musicale mondiale.

Aujourd’hui, il y a un petit groupe qui domine les débats. Il s’agit bien sur des producteurs originaires d’Atlanta, à la base de l’essor de la culture Trap.

Les pionniers de cette culture sont la 808 mafia, un groupe d’une quinzaine de jeunes producteurs d’Atlanta formé par Lex Luger en 2010, sur ce qui serait l’idée de Waka Flocka (le cousin de Gucci Mane). Tout cela dans la perspective de faire exploser le mouvement. Le nom du groupe est donné en référence à la boite à rythme électronique TR-808 qu’ils utilisent. Sont alors recrutés Southside aka Young Sizzle, et TM88, les deux leaders de la 808, DY, TrePounds, MP808 et les autres. La réussite de la mafia n’est pas seulement due au talent de ses producteurs, mais à la force collective locale. En effet, la 808 n’hésite pas à collaborer avec d’autres jeunes producteurs prometteurs d’Atlanta.

Une telle entente est remarquable quand on connait la cruelle compétition qui règne dans le hip hop.

Des noms comme Metro Boomin, Zaytoven, Sonny Digital, Mike WiLL Made-It, London on da Track, ou encore Wheezy, sont venus se rajouter sur les titres produits par la 808 mafia. Et inversement.

Comment parler de cette vague de producteurs à Atlanta sans aborder le système de promotion qu’ils utilisent. Encore une fois, c’est la débrouillardise qui domine. Il faut faire avec les moyens du bord. Le nombre de stripclubs au mètre carré n’étant pas loin de dépasser celui des habitants, les acteurs de la Trap ont vite vu le potentiel promotionnel de ces clubs. Un club désormais devenu légendaire comme le Magic City club a vu passer les premiers tracks des membres de la 808 mafia et de leurs petits frères.

C’est une sorte de crashtest, si un son fonctionne dans les clubs, il fonctionnera sur un marché plus large.

Beaucoup de son joués aujourd’hui en radio sont ainsi passés par la case stripclub avant de devenir populaire.

C’est cette émulation créatrice qui a fait de la Trap ce qu’elle est maintenant. Aujourd’hui, le résultat est plutôt époustouflant lorsque l’on sait que tous ces génies de la production ont exercé et exercent encore au même moment et au même endroit. C’est peut être donc cela le secret du succès de la Trap.

 

Viable pour les maisons de disques et pour l’industrie, la Trap l’est aussi pour ses artistes 

A l’heure actuelle, la Trap et le hip hop se portent le mieux du monde. Contrairement à ce que beaucoup de mauvaises langues ont pu dire à ses débuts, la Trap s’est aujourd’hui affirmée comme un solide marché. Viable pour les maisons de disques et pour l’industrie, la Trap l’est aussi pour ses artistes. Le style est en constante mutation grâce à l’apport de chaque nouvelle vague.

Très populaire auprès des 16-25 ans, elle a réussi à faire changer bon nombre d’avis à son sujet tant son succès est probant. Il existe même désormais différents sous-genres et dérivés de la Trap. Il y a le Cloup Rap ou Cloud Trap. Une Trap vaporeuse, lente et fumeuse.

On retrouve des noms comme A$AP Rocky, Post Malone, Yung Lean, $UICIDEBOY$Lil Peep, ou encore Xavier Wulf, pour les plus connus. Bien que loin d’être tous fidèles au cloud, ces artistes gardent des liens forts avec le sous-genre.

Il y a également l’emo trap. Un son aux lyrics émotionnels, très influencé par l’univers rock, punk et metal. Au programme : dépression, rupture, suicide, dépendances, drogues, solitude, etc. Bref, un plein de positivisme. Les têtes d’affiches du courant sont les Lil Tracy, Lil Peep, $UICIDEBOY$, Lil Uzi Vert, Trippie Redd,  et autre XXXTentacion.

Dans le sud de Chicagoon produit et on consomme un autre sous-genre encore plus énervé appelé Drill. Un son et des percussions ultra séquencés, des paroles qui retranscrivent la dureté de la vie dans le sud de Chicago et sa criminalité. Voila la recette de la Drill music. Les plus gros artistes représentant le genre sont les deux prix Nobel : Chief Keef et Soulja Boy. On retrouve aussi leur acolytes Fredo Santana, Lil Reeze, et consorts.

Au Royaume-Uni, c’est grâce à un autre genre musical que des artistes comme Skepta et Stormzy ont su traverser l’Atlantique et toucher le monde entier. La Grime. C’est Dizzee Rascal, son incontestable pionnier, qui lance le mouvement au débuts des années 2000.

Comme la Trap, elle est électronique. La Grime tient son identité si singulière des éléments sonores de la House et de la Dance qu’elle emprunte. Comme la Trap et le Drill, elle relate les faits les plus sombres qui se passent dans les rues. Que ce soit à Atlanta, à Chicago ou à Londres, on observe beaucoup de similitudes dans les cultures qui englobent ces genres musicaux. Les collaborations entre artistes Grime et Trap sont désormais monnaie courante. Les maisons de disques ont vite compris que la recette était efficace. Pas folle la guêpe !

 

Le son d’une génération

Vous l’avez compris, la culture Trap peut être perçue comme quelque peu spéciale si l’on ne prend pas le temps d’essayer de la comprendre. A l’inverse, si vous aimez le hip hop et que l’adjectif « curieux » vous définit parfaitement, vous n’aurez aucun mal à tomber facilement dans le piège. Piège dans lequel votre serviteur, à la base réticent, est tombé facilement il y a maintenant quatre années. Au delà d’être une véritable culture aux États-Unis, et un vrai genre musical à part entière comprenant de la qualité comme de la médiocrité, la Trap est aujourd’hui devenue un phénomène mondial. De plus en plus d’artistes autoproclamés roi de la Trap de leur pays sont découverts aux quatre coins du monde.

Après les coréens avec Keith Ape, les derniers en date sont mongoles et se nomment Lil Thug E et Ginjin.

La Trap est donc désormais globale. Ce qui lui fera peut-être perdre en authenticité dans l’avenir. Qui sait ? C’est pour le moment le courant musical le plus écouté. Toute une génération est en train de grandir avec ce son dans les oreilles. Un son à l’origine sombre, mais qui génère une vitalité et une énergie incroyable lorsqu’il est est joué en club.

Une chose est sûre, les ayatollah du rap peuvent se faire du souci. La Trap est bel et bien au top. Et elle est loin d’être prête à laisser sa place…


Gauthier Louison

Rédacteur Make x France
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