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Kerri Chandler : à travers les générations

Après avoir électrisé les foules lors de son passage à Nuits Sonores l’an dernier aux côtés de Jeremy Underground, Kerri Chandler fait son grand retour en terre lyonnaise à l’occasion de la prochaine et dernière soirée Welcome de la saison, au Petit Salon. On revient avec vous sur le parcours d’un artiste qui s’est hissé au rang d’icône intemporelle de la house.


Une affaire de famille

Tout commence au milieu des années 1980 dans le New Jersey. Le jeune Kerri Camar Chandler n’a qu’une dizaine d’années mais baigne déjà dans le monde de la musique. Son père Joe est DJ et l’emmène avec lui en club, où il côtoie des groupes de légende comme Kool And The Gang et War. Le fiston s’imprègne de la culture musicale de l’époque, où funk et disco sont rois, et observe méticuleusement tous ces musiciens à l’œuvre. Le jeune Kerri s’entraîne en cachette avec les platines de son père, jusqu’au jour où il se fait prendre la main dans le sac.

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Son père le met alors au défi de lui montrer ce dont il est capable.

Bluffé par le résultat, il lui propose de faire le warm-up de sa prochaine date. L’histoire est en marche. Le tout jeune Kerri, alors âgé de 13 ans, mixe pour la première fois face à un public. Son père et ses amis, qui le surnomment DJ Little Man, lui confient les disques à passer (ainsi qu’une petite estrade pour que les danseurs puissent l’apercevoir) et le gamin s’occupe du reste avec brio.

Fort de cette éducation musicale et d’un parcours académique riche (il a appris à jouer de la contrebasse et du piano à l’école), il développe une approche scientifique animée par la recherche constante d’innovation. Celui qui voulait initialement être ingénieur du son travaille à la création de ses propres machines et se lance dans la production. Il se fait très rapidement remarquer et signe son premier morceau, Super Lover, chez le prestigieux label Atlantic Records en 1991. DJ résident au mythique Club Zanzibar, il devient le fer de lance d’une scène locale en plein essor : la house du New Jersey. Une house très soulful aux accents gospel, parfois brute, que l’on oppose à une scène New Yorkaise plus sophistiquée et soignée.

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© Marc Sethi

Entre tradition et modernité

La force de Kerri Chandler repose dans l’équilibre qu’il s’évertue à trouver entre des influences historiques gravitant autour du disco et de la soul, et une modernité résolument assumée à travers des arrangements et une technologie en phase avec son époque. Il conçoit ses sets comme un moment de communion et de partage avec le public et n’hésite pas à leur donner une dimension vivante en y incorporant claviers, edits, et parfois même sa propre voix. Il avoue d’ailleurs regretter le fait que chanteurs et instrumentistes soient moins mis en avant dans la scène actuelle.

Une longévité quasi unique

Kerri Chandler impressionne également par sa polyvalence. Qu’elles se fassent par le biais de tracks, de remix, de sets ou encore par le biais de ses labels (Madhouse Records, Madtech Records et Kaoz Theory) ses contributions parviennent toujours à sembler pertinentes et efficaces. Très peu d’artistes peuvent se targuer d’avoir traversé les époques avec une telle régularité. Kaoz, comme il aime à se faire appeler, doit probablement sa longévité à un dévouement et une intégrité sans faille. En s’inspirant de sa vie personnelle, il raconte des histoires à travers sa musique, lui donnant ainsi un caractère émotionnel authentique et fort.

Le samedi 6 avril prochain, c’est un véritable voyage dans le temps que le maître de la house offrira aux gones les plus endiablés.


Aloïs VETEAU

Rédacteur Make x France
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