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John Hamon, ou l’histoire d’un faciès inconnu devenu célèbre

On a tous croisé au moins une fois la face de John Hamon au coin d’une rue. Celui qui est devenu désormais le roi de ce qu’il nomme lui-même, l’art promotionnel, s’est fait observé sur les deux silos du Sucre en septembre (oui on est un peu en retard). Un lieu bien connu de nos chers lecteurs qui permet de parler de cet artiste qui reste encore obscur auprès du grand public.

© John Hamon

 

@jhonhamon 

 

Un bonne partie des personnes qui ont eu l’occasion de croiser le regard mutin de John sur un mur valideront s’être posé les questions suivantes : « Qui est ce nouvel homme politique ? Il a un rapport avec Benoit Hamon ? C’est du street art ça ? » ou encore « C’est qui encore ce c** ?« . Interrogations farfelues mais qui restent au demeurant totalement légitimes au vue du peu d’information sur le sujet.

« La promotion, c’est l’œuvre ! J’ai fait de ma promotion ma production, si on veut résumer….« 

L’histoire de ce portrait débute en 2001, lorsque John Hamon, en bon enfant du pop art qu’il est, colle ses premiers autoportraits photo dans les rues de Paris. L’idée de l’artiste derrière ce besoin frénétique de coller partout un vieux portrait de soi-même pendant plus de 17 ans, c’est le concept d’art promotionnel. La démarche de John Hamon peut être décrite comme protestataire passive.

L’artiste souhaite interpeller le public sur la notion de promotion dans le milieu de l’art.

Pour faire court, une œuvre est ré-évaluée après être passée entre les mains d’un critique célèbre, d’un acteur ou encore d’un milliardaire. Le principe de promotion ne le rebute pas pour autant. Loin de là ! Il décrit la promotion comme le niveau zéro de l’art. Ou l’ambiguïté à l’origine même de l’art qu’il y a entre la promotion d’une œuvre au simple but publicitaire et un sens caché beaucoup plus profond proche de la notion de mouvement. Son objectif est de mettre en lumière ce phénomène. Mettre un avant l’artiste par le biais de la promotion et non l’œuvre. Hamon décrit lui-même sa vision dans une interview accordé aux confrères de Manifesto XXI : « La promotion, c’est l’œuvre ! J’ai fait de ma promotion ma production, si on veut résumer….« .

 

Ministère de la Culture

 

Ce punk « sympa » de l’art va plus loin en provocant gentiment les plus grandes institutions culturelles du pays. En phase avec son époque, il a notamment projeté, sans autorisation aucune, sa tête sur les murs du Palais de Tokyo ou encore du Ministère de la Culture.

 

Palais de Tokyo

Avec ces coups de com’ bien pensés, l’artiste aspire à faire changer les procédés des institutions culturelles françaises. Son objectif est d’arriver à ce que ces mêmes institutions redeviennent des tremplins permettant aux artistes d’émerger. Ce qui était leur sens premier. Et non des vitrines pour « artistes-multinationales » déjà très implantés dans le marché de l’art.


Gauthier Louison

Rédacteur Make x France
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