Marc Cerrone
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Il était une fois Cerrone…

Après vous avoir répété 2185182 fois que papy Disco était incontournable et derrière tout le vocabulaire dithyrambique (Légende, mythe, Roi…), il est maintenant temps de revenir un peu sur la carrière incroyable de Marc Cerrone.


Parce que oui mes lapins, trente ans avant la « French Touch » et les pénibles ibizesques pouet-pouet Guetta et Sinclar, Marc Cerrone avait déjà propulsé la musique électronique française dans le monde entier. Si vous ne connaissiez pas encore bien ce monsieur, c’est certainement parce qu’il vous faut prendre une machine à remonter le temps.

En effet, notre invité est née en 1952 à Vitry-Sur-Seine, il a 65 ans. Sa philosophie est simple : un peu de tendresse avec un beat qui tabasse ! À la base, notre ami est batteur, il garde toute sa vie la passion de l’instrument, le qualifiant de « meilleure amie« . Pour l’anecdote, son père voulait qu’il ait « un vrai métier » et le pousse à faire des études : Marc opte pour une école de coiffure. Ayant obtenu son diplôme avec mention mais voulant se lancer dans la musique, il fugue de chez lui dans le but de commencer une carrière musicale.

Il débutera le show à Saint Tropez en jouant des solos de batterie au public pendant que sa copine récoltera de l’argent avec un chapeau melon. Bingo ! Bien plus que des dollars, c’est une invitation à manger à la table d’Eddy Barclay qu’il trouvera en guise de récompense. A peine trois mois plus tard, le premier single de Marc sort : « Boom » et c’est une énorme tube.

Il a peine 19 ans et comme il l’a lui même dit : n’a jamais arrêté depuis. Il enchaîne comme batteur au sein du groupe Kongas, qui fait de l’afro-tribal, un mélange de rock psychédélique et de percussion tribal. Entre 1972 et 1975 il apprend le métier et explose sa batterie et ses congas. En 1976, il en a marre et s’en va pour ouvrir son propre magasin de vinyles. C’est à ce moment là qu’il découvre la disco importé des Etats-Unis…

Et la lumière fut…

Son premier grand succès en 1976 « Love in C Minor » ouvre déjà la voie à cette musique électronique glamour qui sera le fil conducteur de toute sa carrière. Râles féminins et sensualité sont les maîtres mot de son oeuvre. Les maisons de disque avaient refusé de sortir ce son, jugé trop en décalage avec la musique vendue à l’époque en France.

En grand prince, il autofinance le projet et le résultat est un KO à la première seconde du premier round du premier match, le milieu de la musique de la France à Papa est à terre. Love in C Mirror est un carton international, l’album se vend à plus de 3 millions d’exemplaires. Grâce à ce tube, il obtiendra son premier Grammy Award. Le succès sera enchaîné de manière quasi immédiate l’année suivante. En 1977, « Supernature » sort et c’est un tube interplanétaire : plus de 10 millions d’exemplaires sont vendus à travers le globe. La musique française électronique a donc pris son envol avec le travail incroyable de Cerrone.

Selon la légende, c’est Marc Cerrone qui a trouvé le terme de Disco : trouvant que « discothèque » était trop long (pour « musique de Discothèque) », il a raccourci ce mot lui donnant la forme intemporelle qu’elle a aujourd’hui. Ce mouvement est donc née, avec sa rythmique endiablée, ses cœurs féminins, ses boules à facettes, ses pattes d’Eph et ses coupes de cheveux approximatives.

Avec un chapitre américain de plus de 20 ans, il rencontrera entre autres les légendes Andy Warhol, Prince, Michael Jackson et vivra les années lumières du Studio 54.

Cette période pleine d’excès en tous genres amènera l’apogée du pape français de la disco à un opéra géant à Paris en 1989 qui réuni plus de 600.000 spectateurs.

Il serait très long et un peu rébarbatif de retracer ligne par ligne la carrière du monsieur, mais pour résumer, c’est à peu près 30 millions d’albums vendus dans le monde, cinq US awards, un Golden Globe du meilleur producteur de l’année en 1979 et il est promu en 2005 au rang de Commandeur des Arts et des Lettres.

Marc Cerrone est le symbole même de toute la folie de la musique électronique. C’est une bible de la disco à la techno moderne, un chapitre entier de l’histoire de la musique et qui n’est même pas fini. Il continue d’évoluer de de vivre au sein de la musique électronique moderne. On parle quand même d’un mec, qui pour ne pas se faire prendre de vitesse par les teutons de Kraftwerk en 1982, à fait un clip post apocalyptique avec Mimie Maty… Street Ange-Gardesque !

Au début des années 2000, il a travaillé avec Bob Sinclar et en 2007 il collaborait avec la Roux pour une reprise de Supernature en 2012 ! Une machine incassable et surtout intemporelle. Marc a 65 ans et le dit lui-même: « si jamais il m’arrive un truc, dites-vous « quelle vie j’ai eu, qu’est-ce que je me suis éclaté, qu’elle vie de malade » c’est acquis, c’est pas devant, c’est déjà dedans ». Nous aurons l’honneur de l’avoir avec nous au Petit Salon le 24 février alors soyons clair :

– Si vous aimez la disco, il inenvisageable d’hiberner dans votre colloc insalubre.
– Si vous aimez la musique électronique, vous ne devez pas rater ce monstre sacré, pionnier de l’électro actuelle.
– Si vous aimez juste la musique, vous devez le découvrir.


Vladimir Colovray

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