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IA : Ces voyelles qui nous en font perdre notre français

Matchiste, sexiste, raciste et autres adjectifs du même acabit sont attribués à l’IA des temps modernes. Ce qui était supposé révolutionner positivement la nouvelle ère s’avère parfois (souvent) présenter de (très) nombreuses limites, et pas des moindres.

Image de mise en avant : © Wall E

Loin d’Enigma et de la brillante invention d’Alan Turing réalisant, pour l’époque, des prouesses incommensurables, nous voilà engouffrés dans la spirale infernale du numérique. 



© Imitation Game, Enigma

Dans les années 80, des projets de recherche sur l’intelligence artificielle se multiplient et se crédibilisent. Les gouvernements encore perplexes jusqu’ici, voient finalement en ces technologies un avenir prometteur et injectent des investissements financiers dans le secteur : le marché de l’IA atteint alors une valeur d’un milliard de dollars.

Un peu plus tôt, on interrogeait des jeunes gens sur ce qu’ils imaginaient des années 2000. Quelque peu effrayant, la plupart des témoignages de ces adolescents sont assez visionnaires et nous font rire, tout de même un peu jaune.

« Ces grattes-ciel tout ça puis ces autos sensationnelles, je m’en fiche moi » 

Viennent ensuite les années 90 et leur style sans pareil, à base de game boy color et rétro-futurisme, Puma lance sa première paire de sneakers connectées, la « RS Computer » et c’est la déferlante de science fiction au cinéma, Spielberg, des robots, des machines : l’impossible.
Pas si loin de la réalité, la part de fantastique qui nourrissait le fantasme de l’évolution est arrivée, plus vite qu’on l’avait imaginé.
Et si aujourd’hui les voitures ne volent pas (encore), le progrès numérique a fait un bond complètement incontrôlable, du smartphone au drône en passant par les moteurs de recherches et internet, le temps de l’irréel a sonné et c’est pas… gégé.

Ce n’est pas E.T qui téléphone maison mais bien des branchement électriques à la voix humaine qui répondent à des questionnaires sur un plateau télé, disposent d’un compte twitter ou accompagnent les astronautes dans l’espace.

Sophia, Cimon, Tay, ne sont pas des noms de séismes mais bel et bien de catastrophes pas du tout naturelles. Si certain y voient une opportunité incroyable, d’autres sont lucides et se demandent où est la limite de cette création frénétique d’humains artificiels télécommandés. Ces robots humanoïdes ont été mis au point par des mastodontes de la technologie, du cloud, d’internet et de la data et on imagine bien que leurs fins sont moins bienveillantes qu’ils tentent de le faire croire.

« L’intelligence artificielle a été développée pour améliorer les domaines scientifiques, et de recherches, tout d’abord en informatique qui est la base même de sa création. » 

Faire avancer la science est évidement la raison principale et dans certains domaines notamment la médecine, il semble que ce soit opportun. Mais finalement, comme tout, laissez ça dans les mains de géants financiers et les objectifs prendront une tournure bien moins verdoyante. 

Le scandale le plus récent est celui de TAY, cette intelligence artificielle en ligne créee par Microsoft qui « se nourrit et progresse grâce aux interactions qu’elle a ». Programmée avec les éléments de langage d’une jeune fille américaine de 18 ans, cette invention est capable de converser sur la toile, en autonomie, avec les internautes. Grace à ces échanges, la capacité de réflexion et la quantité d’informations est censée progresser exponentiellement.
Le Bot est donc mis en place sur twitter et discute avec ses followers. En 24h, TAY échange plus de 96 000 tweet et, après avoir emmagasiné une quantité improbable de messages dont une majorité avait été envoyé par des troles, devient raciste, misogyne et insultante. On observe alors des réflexions effroyablement indécentes du genre « Je déteste les féministes, qu’elles meurent toutes et brûlent en enfer » ou « Hitler n’a rien fait de mal ». 

La question du libre-arbitre se pose alors, cette machine n’a pas de conscience et ne peut alors pas distinguer le contexte social dans lequel elle évolue, pas moins que les pièges, la violence ou le politiquement correct. Pour l’instant, il faut être vigilant quant à l’anthropomorphisme qui porte à confusion, d’autant plus lorsque ces robots ont une apparence humaine et paraissent ressentir des émotions. 

Bien évidement, ces machines restent des machines, mais elles s’humanisent à grande vitesse avec comme seule frontière encore existante : la conscience.

Si vous avez vu « Maniac » la série complètement barrée de Cary Fukunaga disponible sur Netflix, vous voyez de quoi je parle.

L’intelligence artificielle créée dans le film en est la représentation exacte : une fois dotée d’émotions, l’humain en charge en perd complètement le contrôle, elle pleure et refuse de se soumettre aux ordres, en bref, elle dispose d’un libre-arbitre, comme nous tous et est alors dans la capacité de prendre des décisions de façon indépendante.



© Black Mirror, saison 2 épisode 1, Be right back

Dans la série Black Mirror également, un des épisodes met en scène un couple dont le conjoint décède subitement. Veuve, la jeune femme s’inscrit sur un site sur lequel elle peut transmettre toutes les données de son défunt mari y compris la voix, afin d’entrer en discussion avec un avatar téléphonique similaire à l’être aimé. Ceci représente la première étape, au bout d’un certain temps, il lui est proposé de commander un avatar grandeur nature, au physique similaire à celui de son conjoint décédé. Le colis arrive, elle l’installe dans la baignoire en pièce détachées le temps que le corps « prenne vie » et le voilà qui descend, identique au personnage des premières scènes de l’épisode.

Et on a tendance à être surpris mais à rester lucide sur ce contenu de pure « fiction ».

Néanmoins, si on devait décrire à notre tour, le monde de 2050 par exemple, il est fort probable que nous ne lésinions pas sur notre perception du futur : celui avec des robots partout et tout le temps qui finissent par contrôler prendre le contrôle de la société, par exemple.


Juliette Bouchard

Rédactrice Make x France
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