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Et avant le chill et les footings ? Histoire du Parc de la Tête d’Or

Si vous êtes lyonnais, il n’y a qu’une infime particule de chance que vous n’ayez jamais mis les pieds au Parc de la Tête d’or à Lyon. En effet, que ce soit pour vous détendre avec votre chien, promener vos enfants, vous épuiser en faisant un footing pénible ou avoir l’air crétin en jouant à Pokémon Go, tout le monde s’est déjà émerveillé dans le plus bel espace vert de la capitale des Gaules. Revenons aujourd’hui sur le parc tant aimé des lyonnais et des touristes de la galaxie toute entière.

Image à la une © Lludo

Aujourd’hui géré par la ville de Lyon, le Parc de la Tête d’or est un havre de paix et surtout le poumon de notre belle et douce ville. Les 117 hectares qui le composent sont chéris et protégés par les habitants de la ville. Toute personne y ayant déjà mis les pieds ne peut qu’approuver. Si on aime les animaux vous trouverez un magnifique zoo (avec les plus petits ours de l’univers, un lion dépressif et des singes complètement zinzin), si vous aimez le sport vous pourrez comme tous les jeunes gens cool et branchés vous épuiser à courir autour du parc comme des lions en cage et si vous aimez le chill, vous pourrez vous émerveiller devant la magnifique nature du domaine. En franchissant une des huit entrées, préparez vous à vous détendre comme jamais.

Revenons un peu sur l’histoire du lieu si vous le voulez bien, mes petits lapins.

Bien avant la construction du parc que l’on connaît aujourd’hui, le terrain appartenait à des particuliers: la famille Lambert. C’est cette grande lignée lyonnaise qui a donné le nom de Tête d’or au domaine. Effectivement, il faut remonter au XVI ème siècle, et plus précisément en 1530 pour voir que le terrain est l’héritage d’une certaine Catherine Lambert.

Selon la légende, le nom du parc remonte au Moyen-Age. A cette époque, une tête en or représentant Jésus Christ aurait été enfouie dans le domaine. Elle y aurait été cachée par des barbares ou des croisés revenant de Terre Sainte. Trois siècles plus tard, en 1855, une voyante aurait été engagée pour retrouver le précieux vestige, mais malgré tout ses efforts, elle ne put jamais déterminer l’emplacement.

La légende de la « Tête d’or » n’est toujours pas élucidée à ce jour, avis aux Indiana Jones en herbe !

Le domaine était alors une zone sauvage, pas vraiment praticable. Le terrain n’était traversé par aucune route et aucune habitation n’avait encore été construite à proximité. Effectivement, situé au bord du Rhône, le lieu était inondable ; constitué de lônes, de bras morts du Rhône, et de brotteaux (« marécages » en vieux lyonnais : MDR les bourges, votre quartier trop cher ne provient que d’un marais nul).

Ce terrain restera sauvage jusqu’à la création du parc.

Un pont trop loin

Le projet d’un parc urbain à Lyon démarre en 1812. Plusieurs lieux sont envisagés comme la presqu’île ou encore Fourvière (où plus tard sera mis en place le « Parc des Hauteurs »). Ce seront finalement les terrains des Hospices Civils de Lyon, donnés par la famille Lambert qui seront choisis. Les architectes se sont inspirés du bois de Boulogne de Paris pour mettre en place le parc. Le projet va se concrétiser sous le mandat du préfet, puis maire de Lyon, Claude-Marius Vaïsse, qui avait l’ambition de « donner la nature à ceux qui n’en n’ont pas« . Les travaux commencent en 1876 et vont durer 5 ans, cependant le parc n’attendra pas d’être terminé d’ouvrir au public. En effet, le parc de la Tête d’or est inauguré en 1857, avant même que les travaux soient achevés.

Coïncidence rigolote historique, il ouvre ses portes la même année que le célèbre Central Park de New York.

Le parc sera agrandi à de nombreuses reprises par la suite. Il serait très long et pénible de présenter une liste détaillée, mais revenons quand mêmes sur les principaux ajouts au domaine. Les serres furent construites en 1865 par exemple. Le beau vélodrome fut construit en 1894 pour l’exposition universelle : il n’est plus en activité aujourd’hui mais reste un bâtiment majeur du parc. Les magnifiques clôtures qui entourent le parc seront installées en 1896. Revenons maintenant sur les éléments les plus passionnants du lieu.

Le parc est reconnu dans le monde entier pour ses trois magnifiques roseraies. La première date de 1960 et est située vers le Rhône, à côté de la Cité Internationale: elle est justement nommée, La Roseraie Internationale. C’est le grand maire de Lyon, Louis Pradel qui a impulsé sa création. Elle est mise en place sur 5 hectares et compte plus de 16.000 rosiers. La seconde roseraie est située à l’opposé du parc, près du jardin botanique et se nomme donc La Roseraie du jardin botanique (bravo, vous êtes attentifs). Elle a pour but de retracer l’histoire de la rose à travers une collection de rosiers sauvages et historiques (c’est la préférée de votre serviteur, dans laquelle il aime se perdre durant des heures de création de fabuleux articles pour Make x). La dernière est La Roseraie de concours, dédiée à la création de nouvelles variétés et qui accueille chaque année le Concours international des roses nouvelles.

En 2006, la Ville de Lyon a reçu le label d’excellence à Osaka pour la Roseraie internationale (qui n’a été obtenu que par 22 parcs dans le monde).

parc tête d'or gcplyon

 © Gaétan Clément Photographe

Le lac est un élément essentiel du parc. Il représente 16 hectares et reçoit son eau directement du Rhône. Les visiteurs peuvent voguer paisiblement en barque dessus : l’été il n’y a rien de plus agréable (à part peut être s’installer Place des Terreaux avec une délicieuse pinte, mais bon, on y reviendra plus tard mes petites bûches de Noël).

On y trouve deux îles : l’île des Tamaris qui n’est accessible qu’en barque et l’île du souvenir, qui est accessible grâce à un tunnel depuis 1932. On trouve sur cette dernière un magnifique monument aux militaires morts au combat. Ce mémorial obtient le Grand Prix de Rome en 1904. C’est un des plus beaux endroits du domaine. Venez avec votre moitié en ce lieu et déclarez lui votre flamme par un beau soleil d’été, votre love deviendra éternel, c’est sûr et certain !

© Le monument aux morts sur l'île du souvenir

L’élément le plus important du parc est très certainement son zoo. Il a été mis en place en 1861 (au même moment que les activités aquatiques sur le lac), on présentait à la base divers animaux dans des enclos. Le plan original comportait un parc aux moutons, un enclos de poules et un pâturage à vaches. Avec le temps, c’est un vrai zoo qui s’est construit avec l’ajout progressif d’animaux exotiques et bien sûr, en créant de nouvelles installations tout en agrandissant les ancienne s! La dernière construction date de 2006: la Plaine Africaine.

Aujourd’hui, le zoo compte plus de 150 animaux qui sont traités comme des rois par les gardiens mais aussi par les lyonnais qui les chérissent plus que tout.

Une panthère vintage trop mignonne

Si il est dans l’air du temps de pester contre les zoos, les cirques et de manière générale, contre la maltraitance animale, il faut impérativement rappeler que le parc zoologique de la Tête d’or n’a pas que pour but de montrer des chentils nanimaux aux visiteurs.

Bien au contraire, il a aussi l’objectif de sensibiliser à la protection des espèces en voie de disparition.

Cet espace naturel a des objectifs scientifiques et pédagogiques. Par exemple, la mise en scène d’un espace africain et subsaharien vise à sensibiliser le public au maintien de la bio diversité de l’Afrique. En effet le Zoo de Lyon est membre de l’Association Européenne des Zoos et Aquariums. A ce titre, il agit concrètement pour la conservation des espèces en favorisant la reproduction des animaux qu’il accueille. Les nombreuses naissances d’animaux d’espèces menacées en sont la preuve comme la girafe ou encore la sublime panthère de l’Amour. Cependant cela a aussi donné lieu à une belle frayeur ! En effet, le 27 septembre 1995, une tigresse s’échappa du zoo ! Le parc fut évacué dans les plus brefs délais et les équipes du parc ne connurent jamais pareille sueur ! Elle fut finalement retrouvée cachée sous un buisson, effrayée par la foule. Plus de peur que de mal donc…

Il y aurait encore 10.000 choses à dire sur le parc, mais le mieux reste encore d’y aller! Aujourd’hui, il est plus que jamais mis en avant par la municipalité lyonnaise, notamment avec la fête des Lumières avec ces illuminations magnifiques ou encore avec le récent Open de Tennis qui s’y organise. On s’y retrouve dimanche pour la promenade dominicale d’after brunch de ramasse, ou chaque jour de semaine pour un footing des familles!


Vladimir Colovray

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