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Retour Vers le Futur – Carpenter Brut et la Synthwave !

Vous aimez bien les palmiers, les couleurs flashys, les synthétiseurs qui tâchent et les gens qui s’habillent mal. Bravo ! Vous êtes comme 300% de la population occidentale, fan des années 80 ! Alors vous devez notez très vite une chose dans votre agenda : le 13 mars sera une date très importante. Carpenter Brut, avec ses amis, seront au transbordeur, accompagné de leur Synthwave très énervée pour renouer enfin les années 80 avec autre chose qu’une nostalgie fatigante et pénible.

Image à la une : © Pelecanus

Car oui mes lapins, il est indéniable que nous sommes dans une période musicale qui ne cesse de puiser dans le temps et notamment dans ces fameuses 80’zzz. Depuis le LP « Random Access Memories » de Daft Punk, c’est une déferlante de production électro ou même d’autres bords musicaux qui singent ces fameuses années 80, sans souvent (et malheureusement) innover. Le débat serait long et fastidieux, mais au goût de votre dévoué auteur, on entend beaucoup trop de synthétiseurs fous accompagné de riffs de guitare funky mis en scène par une esthétique baroque fluo bien laide. Et c’est ici que la Synthwave débarque, avec son fer de lance français : Carpenter Brut.

La Synthwave a émergé au milieu des années 2000 et a fortement été influence par l’esthétique visuelle mais aussi musicale des années 80. En effet, l’imagerie des eighties prédomine : Miami, Los Angeles by night, fond de soleil rouge, néons dans la nuits, bolides de courses sont très représentatif de ce mouvement. Toute une esthétique kitsch qui sera mis au service d’une musique brute. En effet, niveau son, l’inspiration se trouvera entre autres dans les sonorités de la New Wave, des basses de synthétiseur analogique, des tambours électroniques mais également dans toute la pop-culture de cette fameuse période: dessins animés, jeux vidéos, films… Le réalisateur et musicien John Carpenter, ou encore le groupe culte Tangerine Dream seront des grandes sources d’inspiration pour tout le mouvement.

La Synthwave rajoute à cet héritage de nombreux éléments modernes, comme les sonorités venant de l’électro, de la house et de la techno brute. Tout ce mélange d’ancien et de neuf donne donc une musique électronique très actuelle, intégrant des sonorités eighties oubliées pendant les années 90-2000 par le grand public. On est dans une sorte de monde rétro-futuriste (Vintage Futur, pour les pipsters du dimanche) qui est très en vogue depuis quelques années.

En France, le représentant le plus connu de ce mouvement dans la musique « mainstream » est incontestablement Kavinsky : si sa musique n’a pas la violence et la brutalité des newcommers du mouvement, on retrouve toute l’ambiance et tous les sons qui symbolisent les années 80. Rien que le personnage de Kavinsky est une représentation de tout ce que nous avons énuméré précédemment : blouson rouge de baseball, zombie cherchant à retrouver sa petite amie, néons et ferrari rouge dans un Los Angeles flashy.

Niveau cinéma, l’ambassadeur numéro un de ces dernières années est évidemment le film Drive, avec son Los Angeles nocturne et sa bande son magistrale, composée de plusieurs morceaux de Synthwave comme « Nightcall » de Kavinsky ou encore « A real hero » de College & Electric Youth. Si vous êtes plus branché jeux vidéos, vous ne devez absolument pas passer à côté de Hotline Miami, qui est en soit, un concentré de tout ce que je vous ai cité au-dessus : Miami de nuit aux couleurs fluos, esthétiques rétro et bande-son à couper le souffle. C’est d’ailleurs dans le second opus que Carpenter Brut a été exposé à la façe du monde.

Le 13 mars à 20h, le Transbordeur aura donc l’honneur de recevoir Carpenter Brut. De son vrai nom Franck Hueso, il est un des fers de lance de la Synthwave depuis 2012. Le français (cocorico!) est vraiment devenu une figure incontournable de la scène underground électro. On me dit dans mon oreillette qu’il avait littéralement retourné la Cigale à Paname en 2016 (Et tu n’y étais pas. #tristesseinfinie).

Si on veut chipoter (car oui, nous pouvons chipoter), sa musique appartient à un sous-genre de la Synthwave nommé Darksynth, avec une inspiration métal plus importante. Dans tous les cas, c’est une électro violente et sans concession que nous livre Carpenter Brut, dopée aux synthés énervés des années 80, des sonorités de films d’horreur, et encore une fois du métal.

Après la triologie EP (trois albums sortis entre 2012 et 2015) et des concerts dans toute l’Europe, Il revient avec son tout nouveau projet Leather Teeth, qui est tout bonnement incroyable. Pour soutenir Francky, on pourra également compter sur Dan Terminus qui apportera sa musique plus mélodique pour nous faire sauter encore plus dans tous les recoins de la salle. Pour terminer, le duo infernal de Los Angeles, Ryan William et Sara Taylor, dit Electric Youth plongeront définitivement le transbordeur dans le chaos. La soirée va être d’une violence électronique sans précédent, dormez bien la veille, prenez un bon café (sans sucre) avant d’y aller, coupez le câble des freins et enfoncez à mort la pédale de l’accélérateur, vous ne sortirez pas indemme de cette soirée dantesque.

 


Vladimir Colovray

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