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Autant en emporte Gerland : Ôde au stade mythique de Lyon !

Le Stade de Gerland… N’importe quel lyonnais ayant déjà vu un match de foot ou autre événement aura la larme à l’œil quand il se remémorera ses souvenirs au sein de cet édifice. On a beau tous aimer Mimi Aulas et l’OL, il faut bien avouer que c’est pénible de devoir prendre 3 bus, 7 tramways et 45 navettes pour aller à Decines voir notre Olympique Lyonnais adoré. Cet article est à la gloire, à la mémoire et à l’histoire du plus beau stade de notre ville ; un vibrant hommage à tous les amoureux de la belle architecture. 

© Image à la une : Julien Reboullet

Un gone se balade avec ses potes avenue Jean Jaurès en vélo’v ou à pied. S’arrête chez l’épicier de Debourg pour piav’ une canette (alcoolisée ou non). Reprend son chemin en grignotant des bugnes ou des grattons. S’arrête à nouveau au Ninkasi pour siroter une pinte cher bonne (alcoolisée ou alcoolisée). Pour finalement se diriger vers son stade de Gerland adoré et s’installer à sa gâche attitrée pour regarder son club qu’il supportera pour toujours, contre vents et marées.

Telle était l’histoire de milliers de lyonnais pendant près de 65 ans.

Le quartier de Gerland est indissociable de son stade à jamais. Même si aujourd’hui l’Olympique Lyonnais n’y joue plus, l’histoire qu’il renferme à fait le bonheur des anciens comme des jeunes gones de notre ville. On ne pouvait pas passer à côté d’un hommage à ce bâtiment si populaire.

 
Stade de Gerland

Nous devons le stade de Gerland au grand architecte lyonnais Tony Garnier. La ville de Lyon lui a passé commande en vue d’inclure une section « sport et éducation physique » à l’Exposition Internationale de 1914. Sa mise en chantier commence en 1913, mais malheureusement l’horreur de la Première Guerre Mondiale viendra interrompre les travaux. Ils reprendront donc en 1919 avec notamment l’aide des prisonniers de guerre allemands. On peut également noter que le stade est construit à proximité des abattoirs, « La Halle Tony Garnier ».

Gerland est donc le berceau de deux œuvres majeures de l’architecte lyonnais.

Le stade sera finalement prêt en 1920, mais son inauguration officielle n’arrivera qu’en 1926. Pour la petite histoire, la première utilisation internationale du stade devait avoir lieu en 1938 pour la Coupe du monde de football. Il devait recevoir un 1/8 de final avec l’équipe d’Autriche, mais suite à son annexion par l’Allemagne Nazie, le match a été annulé.

Il est important de noter que le design du stade n’est pas qu’un pur délire de Tony Garnier. En effet, l’architecte a conçu son œuvre dans la grande tradition des stades olympiques antiques, avec à proximité une piste d’athlétisme, des terrains de tennis, évidemment plusieurs terrains de sport collectif, une piscine. Le Stade de Gerland est donc plus qu’un simple stade, c’est un véritable quartier omnisports, alors qu’on a tendance à se focaliser uniquement sur le bâtiment majeur.

Nous allons très vite retrouver le côté « Olympique » du stade autour d’un seul sport, composé d’un ballon rond et de 22 acteurs.



Il y a bien longtemps, dans un Lyon lointain, très lointain

Après la joie et la bonne humeur de la Seconde Guerre Mondiale, la vie reprend petit à petit du côté de Gerland. Le stade appartenant à la municipalité, il est confié à un petit club universitaire à partir de 1950 : l’Olympique Universitaire. C’est l’ancêtre de l’Olympique Lyonnais (vous vous en doutiez). C’est drôle de penser que ce petit club de fac est devenu le mastodonte européen que l’on connaît aujourd’hui, disposant de son propre stade, le fameux et très lointain Groupama Stadium.

Le Stade de Gerland va connaître plusieurs aménagements majeurs, dont le plus récent fut pour la Coupe du monde 1998. Il n’a cependant pas fallu attendre cette dernière modification pour que le stade entre dans l’histoire de l’architecture.

En 1967, il est inscrit à l’inventaire des monuments historiques comme « chef d’oeuvre de l’architecture du béton armé ».

De 1950 à 2015, le stade de Gerland sera donc la maison de l’Olympique Lyonnais. Un véritable foyer va prendre forme, autant pour les joueurs que pour le public. En effet le peuple lyonnais va devenir littéralement amoureux de son stade. Le quartier populaire de Gerland va vivre et vibrer au rythme des rencontres des gones sur la plus belle pelouse du VIIème arrondissement. Du « Petit Prince de Gerland » Fleury Di Nalo, au « Mozart du Football » Serge Chiesa, en passant par le meilleur butteur du championnat de France Bernard Lacombe et sans oublier le « Roi Lyon » Juninho. C’est tout un stade, un quartier, une ville, qui ont vécu et jubilé toutes ces années grâce à l’Olympique Lyonnais et à son stade adoré. Aujourd’hui même, une partie des supporters de l’OL regrette leur Gerland, éternel jardin du football lyonnais intra-muros.

Même s’il est indéniable que c’est le ballon rond qui a rendu le stade de Gerland célèbre internationalement, il est important de revenir à des valeurs plus artistiques (on va pas trop déconner non plus).

Des pointures comme Genesis ou encore Pink Floyd sont venus à Lyon et ont posé leur son au stade !

En effet, l’enceinte de Tony Garnier a accueilli de nombreux concerts mémorables. Le plus connu de tous est sans aucun doute celui de Michael Jackson en 1998, lors du « HIStory World Tour » de 1997. 25,000 spectateurs étaient présents pour voir le Roi de la Pop au sommet de son art. Le dernier très grand concert à Gerland fut incontestablement celui des Rolling Stones en 2007. Ils ont alors montré au peuple lyonnais qu’ils étaient définitivement les souverains du Rock. Si on veut revenir sur le football et sur notre hexagone adoré, Johnny Hallyday (ou Djoni pour les intimes) est également passé par Gerland en 1998 pour le tour « Allumez le feu ». Prémonitoire pour la victoire de Zizou et ses potes en 1998 ?

Depuis 2015, le football lyonnais ne siège plus à Gerland, mais le sport est loin d’y être mort. Les amoureux du Rugby viennent voir le LOU pratiquer l’ovalie dans le stade de Tony Garnier depuis 2017. Le Lyon Olympique Universitaire est en net progression depuis les années 2010 et l’institution dispose aujourd’hui d’une belle infrastructure. Le stade est alors réaménagé pour être réduit à 25000 places. Les virages sont bâchés et on ne trouve donc plus que les tribunes latérales.

Le Stade de Gerland est aujourd’hui rebaptisé Matmut Stadium et sa vie continue au sein de la capitale de Gaules.

De plus, le Rugby attire aujourd’hui toujours plus de spectateurs. MatmutGERLAND! se remplit donc de plus en plus et qui sait retrouvera très bientôt sa splendeur et son affluence d’antan, de l’époque dorée des dribbles de Lacombe et des coups de pattes magique de Juninho en lucarne. Longue Vie à Gerland !


Vladimir Colovray

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