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Voltage : centrale électrique de 1911 et basses fréquences

A Zwevegem, un village en apparence très calme où l’on respire le grand air, le collectif Belge Ohm a organisé la 4 ème édition du Voltage Festival, les 18 et 19 août derniers. 49h de techno, exclusivement de la techno, dans un décor complètement hors du temps : Transfo, une centrale électrique abandonnée datant de 1911 ! Récit de l’électrisante journée du Samedi …

NO ELECTRONIC MUSIC WITHOUT ELECTRICITY


Le Bus nous dépose à Zwevegem, un petit village calme et paisible, quelques petites ruelles nous séparent du festival. Alors que nous croisons les enfants du quartier s’amuser naïvement à vélo devant leurs maisons, nous entendons raisonner au loin les premières fréquences si caractéristiques de la techno.

Les frissons s’intensifient au fur et à mesure que nous nous approchons de la source de décibels, et que nous découvrons la silhouette du bâtiment qui accueille les hostilités. Sous l’arche de l’entrée – une installation artistique de tonneaux colorés – nous découvrons l’imposant décor métallique qui s’offre à nous : l’ancien transformateur électrique gigantesque. Des danseurs flânent en rythme sous cette structure quadrillée en métal. Un cadre industriel fascinant qui se marie parfaitement avec les sonorités d’Amotik qui nous accueille. On n’aurait jamais rêvé danser dans un décor pareil…

© Simon Leloup

D’un côté quelques traces de verdure délimitent la scène, de l’autre l’imposant bâtiment en briques attise notre curiosité. Nous nous aventurons alors à la découverte du lieu qui comporte deux autres scènes :

La ROTOR Stage en extérieur menée par le collectif Kollektiv met la scène techno belge à l’honneur. Les jeunes talents locaux s’enchainent et font danser avec passion le public qui arbore un grand sourire, et danse depuis 12H, déjà emplit des énergies d’artistes comme  Newa, Kr !z, et Slam !

La TURBINE Stage en intérieur a été programmée par Ohm. Pour y accéder, il faut monter au dernier étage du bâtiment. En guise de hall, une spacieuse salle des machines ! Rien que ça ! Goosepumbs ! Des kilos de ferrailles … Les vestiges d’un organisme électrique à haute tension …

Nous nous fions à notre oreille et tombons sur la salle sombre dans laquelle Cosmin TRG délivre un set à très haute puissance. Les vitres sont couvertes d’un tissu noir, pas un seul rayon du jour ne vient perturber la trance qui est reine dans cette salle.

Quelques résidus de poussières s’extirpent de leurs parois sous l’impulsion des coups de kicks percutants.

Cosmin TRG est sans pitié, il finit d’achever le public avec sa culte track Afterburn, suivie de Process 1 – LSD. La disposition de la salle, la hauteur de plafond donnent une froideur, une couleur particulière à la musique qui résonne de manière unique ! Sur une outro ambient, Cosmin TRG passe la main à l’anglais Inigo Kennedy, qui rompt brutalement le nuage de synthés qui commençait à se propager. La danse énervée repart de plus belle !

Pendant ce temps, l’amstellodamois Keith Carnal entre en scène dans le transformateur, l’ANODE Stage dont la programmation a été concoctée par le collectif belge Kozzmozz. Dans la continuité de ses semblables, il fait perdurer l’interminable battements de percussions qui ne verra pas la fin de sitôt…

© Simon Leloup

Il est 21h. Nous continuerions bien à laisser s’exprimer nos pulsions sur le rythme binaire aliénant et énergique du duo Shdw & Obscur Shape, mais le mystère du personnage Rrose nous draine à la Turbine. La scène est plongée dans le noir total, les seules sources de lumière sont les extrémités incandescentes des cigarettes allumées. Impossible de discerner l’entourage, et dans cette pénombre opère l’immersion : deux heures d’hypnose guidée par le personnage inspiré de l’alter-ego de Marcel Duchamp. Basses profondes, nappes électroniques qui s’étirent langoureusement, mélodies déstructurées et ensorcelante …. Hors du temps, Rrose délivre réellement un set sans égal, narguant les traditions de la techno, et proposant une exploration des possibilités de la musique, un voyage !

Speedy J prend place suite à Rrose, et maintient la tension dans l’air avec un enchainement de boucles envoutantes, des spirales qui secouent la salle dans tous les sens à l’instar d’une machine à laver !

© Ruben Van Vreckem

Il est temps d’aller voir le closing dans le transformateur avec Chris Libeing. Il est minuit. On découvre que la nuit était tombée, la Turbine Stage aura vraiment absorbé le temps. L’éclairage du transformateur et les miroitements de sa structure de ferrailles ridiculisent le pouvoir lumineux de la lune et de ses étoiles. Une cage brillante sous le martèlement furieux de l’infatigable Chris Liebing qui scelle ces 13 heures de techno avec puissance !

6000 festivaliers issus de 30 pays, 53 artistes sur deux jours, 6 collectifs belges, un lieu unique, et surtout une agrégation des joyaux de la techno !

Ce festival est l’essence de l’existence d’une niche techno Belge, et d’une complicité entre les nombreux collectifs techno du pays !

“That week-end, new life was blown into the former power station”


Jennifer Pariente

Rédactrice Make x France
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